La Corse

en Harley

Dimanche 13 mai, arrivée en Corse et direction un super petit hôtel à Bastia: le Cyrnea en sortant du port, à droite direction le Cap Corse à 2 kms, demandez la chambre n°1, 60 euros avec garage moto fermé et vue sur la mer, clim et télé incluses.

 

Le Sud Hôtel très présent sur Internet et malgré la gentillesse du personnel n'offre pas les prestations annoncées.

 

Pour les repas, direction le vieux port de Bastia où l'on mange pour 16 euros des menus appétissants .

 

Qui a dit que la Corse était chère? Si vous avez le temps garez vous sur la place St Nicolas (300 m de long) et partez flâner au hasard, que des surprises...

Lundi 14 direction le Cap Corse ce fameux doigt levé, beaucoup de motards font l'impasse et pourtant, passés les 15 premiers kilomètres on entre dans un autre monde, fait de falaises rouges abruptes, de mer marine et violette et de senteurs étonnantes.

 

Beaucoup de tours de guet anciennes qui rappellent les invasions incessantes de ce petit territoire.

 

Vous passerez de la côte est à celle de l'ouest sans même vous en rendre compte.

 

Pour votre déjeuner de midi il est impératif de descendre au petit port de Centuri où je vous engage à boire une bière blanche "Torra". Centuri est un port langoustier parmi les plus productifs de méditerranée.

 

Vous savez ce qui vous reste à faire...

Et ça repart, le ventre plein, les bras crispés car la route est très difficile et étroite.

 

A un moment, je vois un panneau rétrécissement de chaussée, je me tourne et demande à Mimi de sortir la scie à métaux pour couper éventuellement le guidon...

 

On arrive enfin à St Florent où cette fois on goûte la bière Corse blonde "Serena", un délice.

 

Et ça repart direction le désert des Agriates, je n'ai rien compris ce n'est pas un désert mais c'est beau et c'est le principal.

 

Il est 17 h quand nous entrons dans l'Ile Rousse, difficile de trouver un hôtel mais Mimi a l'oeil et me dirige vers un 2 étoiles "l'amiral" qui en mériterait facilement une de plus.

 

Hôtel tout neuf en bord de mer avec parking privatif pour les motos, sans restaurant, que je vous conseille.

A l'entrée dans l'Ile Rousse après la station Total à droite en bord de mer, l'Amiral : www.hotel-amiral.com tel 04.95.60.28.05. prix 70 € face à la mer.


Maillots de bains, direction la plage en face à 50 mètres, l'eau est limpide pas trop froide mais le vent qui se lève, violent, va écourter notre bain de soleil, on décide de visiter la petite ville et d'y dîner.

 

Difficile de faire son choix au vu du nombre de restos qui poussent dans les rues de la vieille ville, mais là encore Mimi a l'œil et en choisi un, qui ne fait que des spécialités corses.

 

C'est ce soir que je ferai le meilleur repas Corse de tout mon périple, vous savez donc ce qui vous reste à faire...

 

D'abord, il m'interdit le pastaga... à moi, au profit d'un apéro local, une saveur inoubliable, ensuite le patron explique la teneur de tous les plats dans la tradition corse avec en toile de fonds sur écran en 16-9 des images sublimissimes de la corse au son d'une musique traditionnelle.

 

On choisit des plats dont les noms compliqués m'échappent mais dieu que c'était bon, Mimi se rappellera longtemps de ses tripettes , le repas se termine par une liqueur de châtaignes offerte par le patron.

 

On se sentait comme chez nous et vraiment dans le fief des vrais Corses fiers et hospitaliers, au moins, question attentat, ici on ne risquait rien !


Restaurant "A Pignatta" spécialités corse, rue notre dame et Paoli (traversant les 2 rues) tel 04.95.34.28.21 Île Rousse, il est prudent de réserver car le restaurant n'est pas immense.

Mardi 15 direction Calvi et Porto, un vent violent balaye notre route, les paysages sont toujours aussi beau , la route est meilleure.

 

Arrivée à Calvi (une des plus belles villes de Corse) dirigez vous vers la citadelle, c'est là que vous verrez les restes de la maison de naissance de Christophe Colomb.

 

Après la visite, descendez manger sur le port en contrebas et admirez le golfe de Calvi.

 

Ne traînez pas trop car la route vers Porto est beaucoup plus difficile.

 

A Porto, descendez impérativement sur le port où vous verrez une mer assez déchaînée qui s'écrase sur les rochers et vous inonde d'embruns.

 

Quelques hôtels peuvent vous accueillir ici face à la mer.

C'est ce que je vous conseille après être aller visiter les calanches de Piana à quelques kilomètres (impossible de faire l'impasse sur ce lieu inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO).

 

Nous sommes courageux et nous repartons direction Cargèse, belle petite ville animée avec son port en contrebas.

 

On décide de pousser sur Sagone mal nous en a pris car cette petite station balnéaire est sans chaleur, sans âme et déserte.

 

Seule ville de Corse où la déception nous est tombée dessus, heureusement nous avons trouvé un hôtel propre avec chambre côté mer à un prix raisonnable (qui n'acceptait que les espèces?).

 

Pour se restaurer, quelques pizzerias ouvertes flirtaient avec la plage, conclusion arrêter vous à Cargèse.

Mercredi 16, le temps se découvrant sur la montagne nous décidons à l'unanimité de nos 2 voix de prendre la direction de Corte seule grande ville au centre de la Corse.

 

Dès que l'on quitte le littoral ça grimpe dur, souvent en seconde vitesse, la forêt immense nous entoure, noire avec des résineux de 50m de haut, la température chute vertigineusement et nos oreilles se bouchent.

 

Dans un virage, un petit casernement des paras de la légion étrangère apparaît, je croyais qu'ils avaient quitté la Corse apparemment pas tous, ça monte toujours très rapidement et on débouche enfin sur un plateau, nous sommes à 1600 m, on se croirait à la côte 2000 de Villards de Lans avec des vaches à la place du béton.

 

C'est pendant la descente que des cochons sauvages nous barrent la route, pas agressifs du tout, mais flegmatiques au possible qui te regardent avec un air alcyonien, insensibles au bruit des échappements libres de mon springer, en fait des véritables cochons corses.

La descente débouche enfin sur un lac puis apparaît la ville de Corte, splendide ville fondue dans la vallée et entourée de gorges magnifiques comme celle de Restonica.

 

Vous ne partirez pas sans avoir vu la majestueuse citadelle de Corte et laissez vous tenter par les petits restaurants typiques sur les hauteurs de la citadelle, éviter la place centrale où les bars oublient souvent de vous rendre la petite monnaie (2 fois pour nous),  tellement que j'ai demandé au serveur si c'était une coutume locale.

 

Cela n'altère d'ailleurs en rien l'accueil plus que chaleureux et amical des Corses dont beaucoup de commerçants dans l'hexagone pourraient s'inspirer.

 

Nous décidons de dormir à Ajaccio et c'est par la nationale que nous descendons vers la capitale, mon springer est heureux comme tout quand je lui passe la cinquième, il pensait que j'avais oublié le nombre de rapports.

On arrive rapidement à Ajaccio et brutalement on retrouve la civilisation, embouteillages monstres, klaxon, bruit, je n'entends même plus mon pot !

 

il faudrait un livre entier pour vous parler de cette ville tellement elle est attachante, ici est né le grand Napoléon et le chanteur mythique des années 50 Tino Rossi y est enterré.

 

La capacité hôtelière d'Ajaccio étant faible, on décide de passer de l'autre coté de la baie sur une petite station bien vivante Porticcio et l'hôtel choisi sera le Porticcio hôtel original non ? Simple propre sympathique et raisonnable.


Hôtel motel Porticcio **, en partie vue sur la mer, pas de resto 49 € la chambre tel 04.95.25.05.77, petit déjeuner royal.


Pour dîner un nombre incalculable de restos et gargotes le long de la mer toujours à des prix très raisonnables, si vous n'êtes pas trop crevés revenez sur le port d'Ajaccio (20 mn) vous y ferez un repas typique auprès des nombreux petits troquets présents avec un peu de chance une mélodie de Tino.

Jeudi 17, départ vers la pointe sud, donc la ville de Propriano, Sartène puis Bonifacio, les routes sont en meilleur état pour ne pas dire neuves.

 

Premier arrêt Propriano, ville très animée, le port et la ville ne faisant qu'un, un nombre incalculable de bistrots et de restos et de bateaux de plaisance montrent que le tourisme en masse a frappé cette bourgade de plein fouet bien qu'elle essaie de garder son petit cachet traditionnel, pari certainement perdu d'avance.

 

C'est sur le parking principal de la mairie que j'ai vu la plus forte concentration de motos de notre périple à majorité allemandes et suisses, départ à contrecœur vers Bonifacio en passant par Sartène où nous mangeons vers 14 h, et où nous rencontrons un groupe d'Harleytistes amené par notre copain Lyonnais Georges.

 

C'est aussi à Sartène que le Rhône Valley Chapter avait planté leurs tentes juste avant le festival de Grimaud et on fait la une de Corse Matin région.

Je vous garde le meilleur pour la fin, Bonifacio, c'est la ville chérie des Corses certainement la plus belle et ça n'engage pas que moi.

Au vu du monde qui envahit cette ville de la pointe sud de la Corse le parc hôtelier est complet, et nous sommes en Mai, dépités nous repartons et à la sortie de Bonifacio nous tombons sur un camping avec locations de bungalows dans un parc de verdure sauvage, si ça ce n'est pas de la chance !

Au vu du rapport qualité prix et de la sympathie de la patronne, nous décidons un arrêt de 2 jours, bien nous en a prit, le soir même première escapade vertigineuse sur les falaises calcaires d'une centaine de mètres de hauteur sans aucune protection (?), en bas le rugissement de la mer qui frappe, presque angoissant, en face à quelques kilomètres la Sardaigne est visible.

Dans la forteresse, car Bonifacio c'est une gigantesque forteresse, de grands casernements à l'abandon, ceux de la légion étrangère arrivée en 1962 et parti en 1983.

C'est dans les rues de la vieille ville que nous ferons notre dîner comme toujours bon rapport de prix et mets à dominance corse excellents.

Évitez les repas sur le port en contrebas, c'est plutôt pièges à touristes que la vraie cuisine du pays, n'hésitez pas à monter en bécanes vers la forteresse et même dans la vieille ville où vous vous garerez devant le resto choisi.

Si vous ne voulez pas choisir, en voilà deux super: Cantina Doria et Da Sergio, charcutailles corses, sanglier aux myrtes, gâteau corse 15€.

Vendredi 18, visite en mer vous aurez le choix soit d'aller visiter les îles Lavazzi (splendide réserve naturelle) et Cavallo appelée je crois l'île des milliardaires, comptez la journée entière et amenez votre repas si vous ne voulez pas mourir de faim.

Pour notre part, nous avons préféré une balade le long des falaises, une heure de pur délices avec à la gouverne Francis un pur Pagnol du coin et connaissant l'histoire de sa ville sur le bout des doigts.

 

Nous avons appris, entre autre, que le vent du monde se crée à Bonifacio, que le gros rocher à la sortie c'est le gouvernail de la Corse, que le petit chenal emprunté était la route des contrebandiers...

 

Ou nous avons appris aussi que le mâle de la mouette s'appelle le Chandon (vu le jeu de mot), que le clocher des templiers (tiens, ils sont partout ceux là!) n'avait pas de cloche, que la caverne là haut a servi pour tourner les canons de Navaronne (sic), que la maison perchée tout là haut est celle de Marie José Nat et enfin que dans la grotte marine où on se trouve, la carte de la Corse était représentée au plafond.

 

Tout cela plein gaz face aux vagues, ce qui fait qu'en plus d'une visite vous avez la Thalasso gratos, comment ne pas aimer une ville qui encombre le cerveau aussi rapidement et revient en léthargie dans la seconde où vous touchez le quai.

 

Je ne vous donne pas d'adresse spécifique pour dîner car sur les hauteurs de la forteresse vous aurez un grand choix de découvertes gastronomiques, ne suivez pas la masse des touristes qui encombrent le port le soir.

 

N'hésitez pas à choisir le poisson, des petits côtiers le pêchent tous les matins et les dorades sont excellentes.


Rocca croisières - grottes, falaises, calanques sur le port tel 04.95.73.13.96. Demandez à sortir avec Francis et mettez vous à côté du haut parleur, délires assurés.


Camping Bonifacio Cavallo Morte, www.camping-cavallomorto.com, route de Porto Vecchio, tel 04.95.73.14.72, location d'emplacements et de bungalows tout neufs (55 € pour 2 personnes tout équipé)

 

Les jeunes patrons sont très sympathiques et accueillants et la piscine géante n'attend plus que vous !

 

Samedi 19, dur dur de partir d'un endroit où l'on se sent si bien, mais la semaine tire à sa fin direction Porto Vecchio où on arrive très rapidement, visite du port et de la ville.

 

Un bateau de la SNCM est ancré avant une rotation sur Marseille, un gros contraste entre le port moderne avec ses plaisanciers et la vieille ville sur la falaise de surcroît très animée.

 

Visitez les marais salants et admirez le golfe de Porto Vecchio une beauté marine incontestable.

A partir de maintenant et jusqu'a Bastia le trajet n'aura quasiment aucun intérêt, de grandes lignes droites bordées de plage en sable uniformes, décevant par rapport à ce que nous venons de vivre.

 

Nous revenons au même hôtel Bastiais et après un farniente bien mérité et 1100 kms au compteur, nous partons au vieux port manger avec nostalgie notre dernier repas Corse.

 

C'est au dessert qu'une odeur de caoutchouc brûlé attire mon attention, sur les hauteurs de Bastia une voiture brûle et les pompiers s'affairent, j'avais complètement oublié ce petit côté désagréable de l'île de beauté.


Dimanche 20, on embarque dans la forteresse des mers de Corsica ferries pour quelques heures en regardant une dernière fois cette beauté vivante qu'est la Corse et qui s'éloigne progressivement. Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens... c'est certain ici, on reviendra...

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reportage Alain , photos et trajet Mimi, Legendary Alpes Chapter France