Raid Harley-Davidson

SENEGAL - GAMBIE - GUINEE BISSAU

 

avec

Jean-Pierre Guerard
Lorraine Chapter France
 

Jeudi 14 Février 2008 .  Il a fallu partir hier, car je ne suis pas un lève-tôt, et le rendez-vous est fixé à Orly à sept heures.

 

De plus, c’est la grève des contrôleurs aériens, 50 % des vols sont annulés, les autres ont plusieurs heures de retard. Qu’en sera-t-il du nôtre ?

 

Angoisse, mais le vol part avec seulement deux heures de retard, et on rallie Dakar sans problème .

 

Vendredi 15 Février.

 

On a récupéré nos bécanes hier, elles étaient venues par bateau, et départ direction Saint-Louis, l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française.

 

Premier arrêt au Lac Rose, c’est la dernière étape du Dakar, quand il avait lieu.

 

C’est un lac salé,  il n’y a aucune vie, seulement 1,5 m d’eau sur 2 m de sel, il est récolté et envoyé dans toute l’Afrique de l’Ouest.

La couleur rose vient de bactéries , mais ce n’est visible qu’en fin d’après-midi, pour nous, à 11h, nous n’avons eu droit qu’à des reflets, mais ils étaient bien roses, je le certifie.

 

Deuxième arrêt au désert de Lompoul, peu de gens le savent, mais il y a un désert au Sénégal, pour les rescapés du Lyon-Dakar de 2006, ça rappelle la Mauritanie.

 

Troisième arrêt à Saint - Louis du Sénégal, on atteint la vieille ville coloniale, qui se trouve sur une île, par le pont Faidherbe, un pont métallique long de 500 m dont le milieu s’ouvre pour laisser passer les bateaux.

 

Il a été construit par Gustave Eiffel.

On passera la nuit sur la Langue de Barbarie, étroite bande de terre entre le fleuve et l’océan.

 

Pour l’atteindre, il n’y a que la pirogue, mais une des pirogues tombe en panne d’essence, et on la récupère de justesse avant qu’elle ne dérive vers le Brésil.

 

Samedi 16 février, quelques incidents mécaniques, rien de bien grave, et Luc, le mécano de la concession de Lyon, qui fait l’assistance, remet tout ça en ordre.

 

Seule la vieille H-D 750 de 1950 ou 1951, je ne sais plus, ne roule plus, car sa batterie de 6 volts est à plat et qu’il faudrait la recharger mais on ne sait pas comment.

Dès le matin, un spectacle inhabituel : un zébu mort au bord de la route et de gentils vautours qui bouffent le cadavre.

 

Et le groupe arrive à Touban c’est la ville sainte des Mourides.

 

Le Sénégal est musulman à 90 %, et certains font partie de confréries, les Mourides est la confrérie la plus importante.

 

Dans trois jours se tiendra le Magal, la fête annuelle des Mourides, et il y aura un million et demi de fidèles dans la ville.

La mosquée de Touba est naturellement la plus grande du Sénégal. Valérie, la seule femme pilote, à qui on conseille de monter dans le camion d'assistance pour la traversée de la ville "afin de ne pas choquer la population" refuse.

 

Elle sera identifiée comme femme à cause de quelques cheveux dépassant de son casque, mais tout se passera bien, l’Islam sénégalais est très tolérant.

 

Etape sur le fleuve Saloum, balade en pirogue sur le fleuve, mangrove, oiseaux , et au retour, près de l’hôtel, un incendie avec des flammes de 12 m de haut, "pas d’affolement, on a l’habitude" dit l’hôtelier. Il avait raison.

Dimanche 17 février, départ pour Ziguinchor, pour cela, il faut traverser la Gambie, petit état anglophone enclavé dans le Sénégal "un suppositoire dans le Sénégal", selon Babacar, le médecin de l’assistance.

 

Petite étape, mais il y a des douanes, des bacs, et surtout, suite à une erreur, 50 km de piste de sable, totalement imprévus.

 

Innombrables chutes, mais pas moi, le supplice dure plus de trois heures, on repasse la douane gambienne mais on ne trouve pas la douane sénégalaise, et pour cause: on a roulé sur une route totalement interdite, utilisée par les bandits et les contrebandiers.

 

Le soir, au buffet,  jus de baobab et python (entre autres).

Lundi 18 février, Ziguinchor- Cap Skirring, très courte étape, repos, baignade (piscine et océan).

 

Mardi 19 février, cap sur la Guinée Bissau, le début du rêve.

 

Premier village après la douane : toutes les femmes sortent et dansent pour nous, c’est totalement improvisé et ça dure une demie heure.

 

10 km plus loin, un village nous arrête, les femmes nous montrent ce qu’elles produisent, arachides, cajou, légumes, riz, … et nous donnent tous les produits exposés.

Fin d’après-midi: arrivée à Bissau, 30 ou 40 000 personnes au bord de la route menant à la place de l’Indépendance, inimaginable !

 

On croirait l’arrivée d’une étape du Tour de France, ou plus encore, l’entrée des chars de la 2ème D.B. à Paris en Août 1944.

 

Tout cet accueil pour 18 motos et un trike, nous sommes tous saisis d’émotion !

 

Le soir, embarquement pour les Îles Bijagos, les motos restent sur le continent.

 

Mercredi 20 février, repos au paradis, pêche ou sieste, au choix, le soir, six groupes de danseurs de carnaval pour une compétition.

Jeudi 21 février . Bijagos - Bissau, de nombreux arrêts pour répondre à l’enthousiasme de la population .

 

Visite de Bafata, ville natale d’Amilcar Cabral, le libérateur du pays, assassiné un an avant l’indépendance.

 

J-Marc Chapel dépose une gerbe sur le monument dédié à Amilcar.

 

Le soir, retour à Bissau, et là encore, spectacle de carnaval, plus de 2 heures, 15 000 spectateurs et un motard, un seul, qu’on invite à danser, votre serviteur.

 

Maintenant, j’ai eu mes 5 minutes de gloire, celles promises par Andy Warhol à tout être humain.

Vendredi 22 février, Bissau - Banjul, c’est le retour, par la vraie route, sans le sable de l’autre fois, c’est mieux, plus confortable, mais personne ne regrette le sable, au contraire.

 

Samedi 23 février, retour sur Dakar, attente au bac, très mauvaises routes. Avi , un ancien baroudeur du Lyon-Dakar, tombe devant moi, il finit les 200 derniers km dans le camion.

 

Il fait une chaleur à crever, mais le camion d’eau minérale nous suit toujours et nous sauve la vie plusieurs fois par jour "merci Minta, charmante hôtesse", il faut remorquer le trike et on finit par arriver à Dakar avec 4 heures de retard, après une circulation hallucinante.

Dimanche 24 février, petite balade dans Dakar, mise des motos dans le container, visite de Gorée.

 

La visite de la Maison des Esclaves me rappelle celle d’Auschwitz , des hommes ont dénié à d’autres hommes la qualité d’êtres humains. Insupportable !

 

Lundi 25 février, retour à la maison .

Ce que je viens de vous narrer est arrivé à un groupe de 18 motos et un trike.

 

Soit environ 25 personnes, auxquelles il fallait ajouter le médecin, le camion d’assistance et celui d’eau .

 

Le raid est créé par J-Marc Chapel.

 

Bravo à Michel, notre doyen, à Valérie, à Bertrand le pilote du trike "il en a ch.. comme un Russe", merci à Alain le safety, à Luc le mécano, à Stéphane et Sergio les correspondants locaux .

 

Bravo aux 2 vieilles bécanes, elles sont allées au bout, la 750 de Fabrice et le sportster 1958 de Zèd "les gens de Freeway ".

 

Nous attendons de voir le film et les images d’Eric, pardon à ceux qui ne sont pas cités.

Les photos sont de Sergio Contaldo.

 Jean-Pierre Guerard Lorraine Chapter France