Avignon Bridge Chapter sur la

route des parfums

Les 26 et 27 septembre passés, dernier weekend de l’été et premier de l’automne, l’Avignon Bridge Chapter n’a pas passé son temps à ramasser les feuilles mortes à la pelle.

 

Au programme de ces deux jours, qui n’avaient d’automne que le nom, les vauclusiens avaient inscrit un tout autre emploi du temps : soleil et route des parfums.

 

Direction Grasse en fait, le creuset des parfums de luxe, dans le sillage de l’ami Jean, son King Classic et son gilet fluo.


Avant cela toutefois, la première vraie halte était pour le lac de Saint Cassien.

 

Sur une berge de ce miroir renvoyant ses épaules de petites collines abruptes, sans nul doute le site le plus touristique du canton de Fayence, 14 motos béquillaient pour un pique nique réparateur.

Puis on prenait la direction de Grasse, la capitale mondiale du parfum et de la Provence orientale, Ville d'Art et d'Histoire, et plus précisément de la Maison Molinard.

 

Une entreprise fondée en 1849 et restée jusqu'à nos jours entièrement familiale, qui a fait de Grasse le berceau de la parfumerie mondiale.


On a dit berceau mais il ne faut pas croire que les 24 motards et motardes bradés de cuir que nous étions ont pensé sieste, la demoiselle qui assurait la visite des ateliers grassois peut en témoigner.

 

Son CDD se terminait avec notre groupe, ce qui lui a permis de clôturer sa saison par une inespérée bouffée de bonne humeur.

 

La parfumerie est un art scientifique, nous récitait-elle, un art maîtrisé par le parfumeur, qui a à disposition dans son "orgue", une palette d'environ 6 000 odeurs différentes, chacune possédant sa note et sa personnalité.

 

Impressionnant ! Le "nez" doit les associer, les "marier" en des harmonies subtiles jusqu'à trouver l'accord parfait qui enchantera notre sensibilité c'est un art complexe.

 

Personne ne dit le contraire, on peut essayer ? Et là, question mariage et recherche d’harmonies subtiles, certains d’entre nous, joignant un index généreux à la parole, ont obtenu des flagrances que Molinard lui-même n’avait jamais osé… !

Quand on pense qu’un parfum de luxe peut contenir près de 600 composants différents et demander deux années de recherches, de tests et d'essais minutieux, alors que certains d’entre nous ont, en 20 minutes, conçu des mélanges qu’ils trainaient encore le soir après la douche… Oui Monsieur !


On rendra tout de même hommage à la Rasoline, la célèbre crème à raser à l'huile douce d'amandes, dont le tube de démonstration qui a circulé parmi nous n’a connu pour seuls blaireaux que des énergumènes fâchés depuis deux jours avec leur Gilette… Respect !


Toujours est-il que, pomponnés au point que certaines motos eurent du mal à reconnaître leur proprio, nous reprîmes la route direction le Servotel de Castagniers.

 

Un petit village de l’arrière pays niçois qui tient son nom d’un châtaignier séculaire, qu’on ne vit pas d’ailleurs (!).


Sur la route on croisait Tourette-sur-Loup, la "Cité des violettes", partagée entre mer et montagne, où il y a un siècle, les fleurs timides ont choisi de pousser.

 

Puis Vence, dont la Tour qui domine la cité médiévale, servit à Sieur Janot de point topographique, pour nous lancer vers Gattières, l’éperon de Gastes, situé sur le tracé de la voie romaine.

Enfin rendus, on couchait les motos en sous-sol, la tapenade sur les toasts, quelques bouteilles sur les tables, puis les gens bons dans les torchons.

Dimanche matin autoroute jusqu’à Cassis, ses plages de l'Arène et du Corton, mais pas ses restos hélas.

 

Tous étaient noyés de soleil, et complets de touristes indifférents aux maintenant 30 motards affamés que nous étions.

 

Il faut dire que l’été faisait des heures supplémentaires, un dimanche qui plus est…

 

On se vengeait tout de même, sans remord, sur un point chaud, dont on dévalisait les congélateurs au point de précipiter la fin du CDD de la serveuse ainsi dépouillée.

 

La deuxième en deux jours, mille excuses.

Tous pleins ainsi faits, nous prenions enfin la route de Rians, laquelle nous baladait avant de viser Aix et l’autoroute du retour.

 

Rians, un village dominé par son église du XIXème, Notre Dame de Nazareth, quand nous, nous étions dominés par la reconnaissance pour l’ami Jean et son gilet fluo, dont la balade, ainsi concoctée, présentait les fragrances d’un parfum de Molinard : « Malgré un départ frais et légèrement acidulé, la senteur gagne en opulence.

 

C'est vraiment envoutant, voire capiteux… C'est incroyable qu'en mêlant autant d'essences on arrive à obtenir un tel bijou ».

article et photos Rodolphe