Le Chapter d'Avignon

sur

la route des Crêtes

 

Honnêtement, savez vous que la route des Crêtes, qui relie Cassis à la Ciotat et offre des vues saisissantes sur la Méditerranée et le massif des Calanques, court en lacets sur le rebord des falaises de Soubeyran (394 m), les plus hautes falaises de France ? Saviez vous aussi que La Ciotat est le berceau de la pétanque ? Qu’en 1907, sur le terrain Béraud, un ancien excellent joueur de Jeu provençal (jeu où l’on a toujours un pied en l’air, soit au point, soit au tir, puisqu’il faut courir), qui ne pouvait plus pratiquer parce que perclus de rhumatismes (peut être par un rigide de l’époque…), décida qu’il faudrait lancer les boules depuis un cercle tracé au sol et les pieds tanqués (‘Pes tanques’, en provençal), c’est-à-dire les pieds posés au sol ? Non ? Vous ne saviez pas ?

Et ben, vous voulez que je vous dise, tant d’inculture, moi, ça me fout les boules !

 

La Ciotat-Cassis
Du coup, il ne faut pas s’étonner qu’en Director avisé, Philippe ait inscrit à la page du 15 novembre 2009 du calendrier de sorties de l’Avignon Bridge Chapter, comme une leçon au tableau noir : la route des crêtes La Ciotat-Cassis.


Dire qu’au long de la semaine précédente, tous les candidats à cette balade n’ont pas loupé un seul bulletin météo serait incomplet.

 

En fait, le dimanche en question, comme des traders à Wall Street, chacun annonçait les millimètres attendus sur toute la région Paca.

 

Un avantage au moins : tout le monde était sûr qu’il ne ‘délugerait’ pas. Ou presque…

Toujours est-il que… prenant petit à petit de nouvelles habitudes, un premier groupe se retrouvait le dimanche matin au Mazet. Le nouveau point de départ anglois, où l’ami Perez nous régalait, pour une misère, d’un petit déjeuner qui allait caler chacun jusqu’à l’arrivée.

 

Le fond de l’air était aussi frais dehors que le café était chaud dedans, mais chacun était prêt à parier un 2ème croissant que le mercure aller grimper.


Ainsi gaillards, nous partîmes 11 motos du Mazet, mais par un prompt renfort, après Lançon, nous nous vîmes 17 machines et 28 ‘members’ en arrivant au port  de La Ciotat.

 

Dans le groupe, quatre bleusailles : Sonia et Dominique (Velleron), Jacky et Sylvie (Cornillon). Auxquels nous renouvelons ici nos vœux de bienvenue.

Vent et soleil, après l’autoroute, sifflée en quinconce, on ricochait sur La Ciotat pour s’arracher au plus tôt en direction de Cassis, via cette Route des Crêtes qui serpente à flan de colline dans le massif Soubeyran, comme une couleuvre que le soleil trahit sur le macadam.

 

On vérifiait que le feu était au vert (il arrive au lieu d’être interdit pour cause de risque majeur d’incendie ou de mistral emportant), et on oubliait l’avenue Camusso pour entamer la petite route en lacets qui conduit vers l’un des plus beaux sites de Provence.

 

La garrigue sauvage y pousse en zone protégée, et pour les randonneurs, la colline n’est praticable que par de petits sentiers cachés dans les schistes et les chênes kermès.

Comme les bornes sur la tronche d’un ‘old biker’, la pluie, le vent et le soleil brûlant ont façonné le paysage.

 

En de nombreux endroits, la roche, pour moitié composée de calcaire et de poudingue affleure sous la maigre végétation telle un début de calvitie sous un rayon irrévérencieux (merci Francis…).

 

L’été, les cigales doivent s’y égosiller à couvrir les enceintes des Ultra Classic.


Nous faisons une halte au Cap Canaille, l’une des plus hautes falaises maritimes d'Europe, dont la couleur rouge tient à l'origine de son calcaire détritique, lequel contraste avec le bleu de la mer et de l'horizon.

Pour la petite histoire, c'est dans ce merveilleux paysage qu'on a tourné "Sur un arbre perché" avec Louis de Funès, ainsi que le fameux début du film Taxi II !


Cap Canaille, l'origine reste floue, mais selon toute vraisemblance, le nom actuel n’a rien à voir avec le passage de quelques bikers en virée, il serait plutôt un dérivé du terme provençal : Cap naio, montagne qui nage, qui avance sur la mer.

Sur place, on met à profit la vue imprenable sur la ville de Cassis et son golfe, sur les calanques et l'île de Riou, pour déplier la bannière du Chapter et faire quelques photos.

 

Du belvédère, on surplombe Cassis, tout en hauteur, qui révèle ses vieux quartiers et ses places ombragées où les Cassidains aiment venir prendre le frais les soirs d'été et jouer aux boules.

Puis on reprend la route, par le bord de mer. On vise le Vallon des Auffes. Un petit port de pêche encastré sous la corniche Kennedy, entre l'anse des Catalans et celle de Malmousque.

 

Une petite anse paradisiaque, baignée de lumière, pittoresque, qui abrite un petit port aux multiples barques colorées, les fameux pointus, et où les cabanons de pêcheurs, serrés les uns contre les autres, offrent au spectateur une authentique carte postale marseillaise.
 

Ah les chipirons !
On béquille au bord de l’eau, devant le restaurant ‘Chez Jeannot’, fief de Lionel et Isabelle Mounier, qui nous accueillent bras ouverts dans leur écrin, comme si nous étions tous de la famille. Plusieurs salles du lieu sont bondées mais Lionel nous en a réservé une, pratiquement les pieds dans l’eau. Il ne lui manque que les parasols.


Membre du Chapter marseillais, en rallye ce dimanche, Lionel tient tête à une hernie discale qui le taraude depuis une semaine, pour recevoir ses homologues avignonnais.

 

Et  joignant le geste à la parole, il couvre les tables d’une de ses spécialités, les chipirons, de délicieux petits calamars en beignets, qui disparaissent comme des osselets dans une rafle réussie, et détournent enfin les filles des tatouages du customisé Matthieu.

Puis suivent les pizzas, puis les desserts, crèmes brûlées et autres tiramisu, qui ne traînent pas plus d’ailleurs.
Nicolas a la frite.


Pour la petite histoire encore, c’est là que l’ami Nicolas, fidèle à sa maxime « un dimanche sans frites est un dimanche sans saveur », se détournait de sa crème brûlée pour taper allègrement dans un plat de croustillantes et fondantes à souhait, qu’on venait malignement de lui glisser sous le nez !

 

Il ne l’avouera jamais mais je suis sûr, parce qu’il adore les deux, que, s’il avait été seul, le dessert serait devenu une improbable moutarde…

Autre grand moment d’émotion, quand le director annonçait qu’il n’écrirait plus aux ‘members’ désormais, mais enverrait plutôt des mails pour les infos à venir.

 

Annonce qui noyait l’ami Henri dans une cascade de larmes, inconsolable à l’idée de ne plus recevoir les courriers attentionnés de son ‘Director’ préféré.
 

Fraternellement
Mais à traîner ainsi à table, on se condamnait en rentrant à prendre de vitesse des cumulus lancés à nos bavettes.

 

Aussi, après avoir abandonné fraternellement au Chapter Marseillais quelques flacons d’un Lirac rouge peu chanceux de vieillir, on tournait le dos au soleil éborgné, et comme un arbre qui se divise en grimpant vers le ciel, on s’éparpillait au rythme des péages annoncés.

 

A ce sujet, savez vous que Lirac est le plus ancien cru des Côtes du Rhône à produire les trois couleurs : rouge, rosé et blanc ?

 
Non ?


ça me fout les boules !
 

Philippe, il va falloir les emmener à Lirac….

article et photos Rodolphe