Le Chapter d'Avignon

en balade à

Palavas les Flots

Initialement programmée courant janvier mais renvoyée pour cause de carte de France peinte à l'eau, la première sortie de l'Avignon Bridge Chapter se déroule finalement ce premier dimanche de février.

 

La météo n'a rien de printanier mais au moins le soleil s'est, avec la complicité conjuguée du mistral et de la tramontane, taillé une fenêtre dans l'entêtée grisaille hivernale.

 

De même, lassées aussi sûrement de l'hiver, les températures, pas bégueules, se sont liées à cet effort, hissant ainsi les conditions de cette première balade 2010 dans les critères d'acceptation.

 

Point de rendez vous : Les Angles. Départ 9h00, passées...

 

Direction : Uzès via Remoulins, après un premier café brûlant pour effacer les premiers frissons, la moitié seulement des 28 inscrits s'élance dans le vent.

Il est prévu en effet de retrouver les gardois chez Chantal et Christian qui attendent tout le monde pour une étape petit-déjeuner.

 

Sur la route le vent joue avec nos nerfs et agace nos échines. On l'entend gueuler dans nos casques et nous rabâcher ‘qu'on lui doit le soleil du jour et qu'il ne nous lâchera pas...' ‘D'accord, mais fermes la s'il te plait !' Mais ça ne lui plait pas...


Face à cette haine soufflée sur notre joie, on oppose tous gants de boxe et chaussettes à col roulé. Sous les assauts venteux on délire, à en fomenter un hold up sur Jacky, le nouveau venu, qui transpire dans son gilet électrique.

 

On se promet même de se faire opérer en rentrant et poser l'œsophage central !

Plus sérieusement, dans la colonne en quinconce on a tous une pensée pour Myriam et Liliane qui n'ont peut-être pas choisi le meilleur jour pour étrenner leur nouvelle monture.

 

Il pourrait être un peu galant le joufflu non ? Il est aux alentours de 10h00 quand on arrive tous, quasi syncro, chez Chantal et Christian. On a du froid à se sortir du corps. Et ça tombe bien, nos hôtes nous ont préparé le petit-déjeuner qu'il faut.

 

C'est là que Christian et Chantal nous livrent leur coin de paradis pour bikers. Un grand portail sans sésame qu'ils déplient sur leur monde à eux. L'endroit en oublie sa vocation de garage pour basculer dans l'ambiance d'un musée personnel dédié à Harley Davidson et aux Etats-Unis.

 

Sur les murs oranges, c'est le long-métrage biographique des maîtres des lieux qui est projeté. Des photos jusqu'au plafond, autant d'instants magiques piégés, qui  rappellent leurs virées, voyages, amis et machines successives...

 

Cernant le bar biker, des miniatures, des plaques émaillées, drapeaux et posters, et divers objets venus d'outre atlantique, disputent les étagères aux chopes et au bar-and-shield généreusement décliné. Un pur bonheur !

 

Un voyage avant l'heure pour ceux qui iront aux States en avril, une compensation pour ceux qui n'iront pas.

Enfin réchauffés, repus et la tête dans les 50 étoiles, l'aquilon nous semblant zéphyr, nous reprenons la route. Hôte jusqu'au bout des gants, Christian joue encore le Road Captain. Et il connait si bien ses chemins de traverse, que nous arrivons à Palavas-les-Flots avant que le magistral de la bande à Eole ait creusé de nouveaux sillons dans nos laines.


N'est Palavas qui veut ! Ici l'hiver n'a pas droit de cité. On le sème d'ailleurs si facilement dans les rues ensoleillées et déjà colorées de touristes, qu'on gagne des semaines au calendrier.

 

On fend la foule curieuse, le Phare de la Méditerranée en ligne de mire, pour se garer sagement devant le restaurant Le Maguelone.

Lové au cœur du port de plaisance, face au Casino Granier, ce spécialiste de la cuisine réunionnaise a collé ses tables en longueur et ses serveurs à notre service.

 

Patrick, le patron réunionnais (St Benoit), nous accueille avec son punch des îles. Suivront achards de légumes et boulettes de morue, samoussas et bonbons piment, puis rougail de morue ou massalé de poulet.


La chaleur des lieux et du menu contribue au réchauffement général. Jean, Manu et Roger ont du mal à rester à table.

Heureusement une assiette de frites à partager les ramène à leur serviette et à chaque fois qu'une dorée disparaît ils lancent " encore une que Nico n'aura pas !'. Au dessert les rassurants citrons meringués l'emporteront franchement sur les mystérieux gâteaux de patates douces pourtant délicieux.


Il est temps de prendre l'air. On déploie la bannière et sourit aux photographes, puis on fait un petit tour sur le port. Il y a du monde partout, qui prend le soleil et son mal en patience en lorgnant vers la mer trop froide encore.

 

Main dans la main avec notre Lady, les Ray Ban sur le nez et le cuir sur l'épaule, on joue les touristes, mais surtout on prend un acompte de ce début de printemps bourreau d'hivers.

Il est l'heure enfin de soustraire les motos à la curiosité des badauds et de quitter la calme station balnéaire du golfe du Lion, pour affronter des vents dignes du Cap Horn.

 

Nos derniers coups d'œil dans les rétroviseurs sont autant de promesses de retour, en cuir toujours mais, c'est juré, sans la bande à Eole et ses strates de laine imposées.

article et photos Rodolphe

 

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