Heureux

qui comme l’Avignon Bridge Chapter a fait un long voyage.

Puis est retourné, plus tard

que prévu, sans un sous,

mais plus riche qu’avant.

Jeudi 1er avril, jour des blagues, 24 bikers de l’Avignon Bridge Chapter prennent le plus sérieusement du monde le TGV pour grimper à Paris et y attendre le vol CDG-Chicago du lendemain.

Une première étape vers le Far West, avant un second vol Chicago-Las Vegas, petit pas de plus vers la réalité donc.

Chacun s’échine sur un sac énorme mais affiche les couleurs du Chapter et la mine réjouie du bonheur annoncé. 

Vendredi 2 avril : 12 heures de vol dans les mirettes, ça laisse quelques traces.

 

Mais quand le train d’atterrissage frappe le tarmac de Las Vegas et marque le vrai début de notre balade américaine, on est d’attaque, on embarque dans un van immense et c’est direction l’hôtel-casino le Terrible’s, distant de 700 m du Strip, royaume du bandit manchot.

 

Malgré des paupières plombées du décalage, on fait le tour du périmètre du Terrible’s qui se révèle ne pas l’être vraiment.

 

Nous nous contentons en fait d’une paire de miles et rentrons mettre enfin la viande dans le torchon, capitaliser pour le lendemain.

Samedi 3 avril : personne ne se fait prier pour se lever, il faut dire que le programme est motivant.

 

D’abord un détour par la concession Harley Davidson de Sin City, elle est vaste comme un supermarché et nous ne disposons que d’une petite heure.

 

Nous nous y dispersons comme des gamins dans un rayon de jouets à Noël, sous l’œil amusé du Santa Claus local (Don Andress) dont la Ferrari garée à l’entrée n’est pas tractée par des rennes, c’est clair !

 

Puis le loueur de motos Eagle Rider, après 2 heures de formalités, les 14 Heritage, Road King et Electra, suivis du van 12 places - dont la vocation première sera de libérer les motards de leurs bagages.

Sous la direction du Road Captain Jean et de son GPS nourri à la navigation US, nous nous élançons sur l’Interstate 15.

 

Sur le TomTom est programmé Mount Carmel Junction, via St George, Hurricane et Zion National Park.

 

Casqués, bottés, nous roulons enfin sur l’asphalte américain, le sourire seulement entaché de nos premiers moustiques curieux ou suicidaires.

 

Nous ne sommes qu’au début de notre périple mais déjà tout nous interpelle.

 

La déco ahurissante de la ville, les trucks chauds de chromes et flammings, les Hummers en limousines interminables…

 

On a d’entrée 200 miles à boucler et ,même sans qu’on lambine, la nuit tombe à l’arrivée de cette première étape.

 

Une obscurité qui prive les formations rocheuses de leur pourpre inimitable, mais ajoute au mystère de leurs silhouettes de temples et cathédrales.

 

Nous taxant sur le temps perdu le matin, la nuit nous laisse traverser le tunnel de Zion-Mont Carmel quasi sans nous en rendre compte, puis nous prive du damier sédimentaire de Checkerboard Mesa.

 

Taratata, on revient demain en plein jour ! 

 

Dimanche 4 avril : le fond de l’air est frais mais quel soleil, on décide de se rediffuser Zion Canyon projeté en nocturne la veille.

 

Nous plantons van et bagages à l’hôtel et repartons tous sur les 14 motos serpenter entre les immenses cheminées de grès verticales et les imposantes falaises couleur crème.

 

Là, le temps a soumis les grès rouges à l’érosion et plusieurs amphithéâtres naturels encouragent les foyers d’aiguilles rouges à s'élever dans le ciel.

 

La neige a tissé quelques écharpes sur ces gorges enflammées que seul le soleil levant, dit on, sait éclaircir.

 

Les nuits à Bryce ne sont jamais totalement noires.

Lundi 5 avril : nous ne quittons pas la Scenic ByWay 12 dont seulement 110 miles nous séparent de Torrey, Park de Capitol Reef, prochaine étape.

 

La route traverse des paysages fantastiques, lunaires, et passe à près de 3 000 mètres d'altitude, près de Grover.

 

La vue sur les Goosenecks, littéralement ‘Cous de l'oie’, est vertigineuse, ces méandres sont si serrés que la rivière, dit on, parcourt cinq fois plus de chemin qu'elle n'avance vers son embouchure dans le lac Powell.

 

Le froid s’est installé et quelques flocons paresseux meurent sur les pare-brises.

Mardi 6 avril : Il fait fraîchement bon, le soleil est là et heureusement la neige n’a tenu que sur l’herbe et les motos.

 

175 miles nous séparent de Moab, prochaine étape,

aujourd’hui nous perdrons de l’altitude et gagnerons quelques degrés.

 

La Highway 24 longe la Fremont River jusqu’à Hanksville.

 

Nous franchissons la Devil River en direction de Green River et de l’Interstate 70. Finalement on arrive assez tôt à Moab, plus grande ville du sud-est de l’Utah, porte d’entrée des fabuleux Arches National Park et Canyonland. 

Mercredi 7 avril : retour à Canyonland National Park, concentré des paysages de l'Ouest américain.

 

Sur quelques miles, nous enchaînons les cratères, mesas et autres canyons creusés par le Colorado et la Green River.

 

Et puis les arches rocheuses dans le National Park qui en regroupe quelques 500.

 

Des sculptures naturelles majestueuses, dues à l’action conjuguée des éléments pendant des lustres sur un grès de couleur saumonée.

 

On pousse à pieds jusqu’à Landscape Arch, la plus grande arche naturelle du monde, qui effectue un grand écart de 89 mètres de long, à 32 mètres au-dessus du sol.

Jeudi 8 avril : Mexican Hat, prochaine étape, est à 190 miles, il fait beau et presque chaud, les conditions idéales pour rouler.

 

Au programme buttes rouges abruptes et messas.

 

On fait une halte réparatrice au Peace Tree, un internet-café très coloré, puis au Old Tymer, restaurant-musée très agricole où l’on participe au tannage des cuirs des selles qui servent de siège au bar.

 

On arrive ensuite à Mexican Hat, village dont le nom provient d'un gros rocher (près de 20 mètres de diamètre) dont la forme évoque un sombrero, posé à l'envers sur un piton de grès. 

Vendredi 9 avril : la Highway 163, route mythique, nous ramène à Monument Valley National Park.

 

La cicatrice d’asphalte fend le territoire Navajo sacré, désert aux buttes de grès gigantesques et au spectacle hallucinant.

 

Malgré tous nos efforts il y a peu de chance que la moindre photo rende l’immensité et la magie de cet espace infini.

 

Nous gagnons les hauteurs du Visitors Center où deux 4x4 Navajos nous embarquent pour nous rapprocher du Totem Pole, au cœur de la Vallée des Rocs.

 

Nous frôlons les étonnants pitons de roche rouge brun et marquons la pause déjeuner dans une anse de pierre où les indiens s’activent sur un feu de bois.

 

Repus, nous repartons vers le Grand Canyon, peut-être le parc le plus connu et le plus spectaculaire des USA, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Mais il est tard quand nous atteignons la rive sud et le soleil nous la joue modeste, on se rattrapera demain.

 

Plus tard, tous rassemblés dans une chambre, nous trinquerons à ces monolithes éternels dont nous n’aurons été que d’éphémères témoins.

Samedi 10 avril : comme promis, on revient à Grand Canyon, on roule ensuite vers le sud, pour coller à un autre mythe, la Route 66.

 

Là on vise Seligman, le café Delgadillo, et le Barber Shop du même nom, sur le fauteuil légendaire et à la lame experte duquel le Road Captain Jean et le Director Philippe abandonneront leur barbe.

 

On poursuit sur le tronçon historique de la Mother Road pour atteindre le but du jour, Kingman, dernière étape des pionniers dans le temps avant la traversée des Blacks Mountains.

 

Avant l’hôtel on fait étape à la concession HD locale, dont on retarde l’heure de fermeture en lui boostant le chiffre d’affaire…

Dimanche 11 avril : direction sud encore, sur la Mother Road toujours, pour cette dernière journée de moto qui va nous ramener à Las Vegas.

 

Mais avant, on a prévu un détour par Oatman, ville fantôme bien vivante, au cœur des Blacks Mountains.

 

Jusqu’à Cool Springs, ancienne station service transformée en boutique de souvenirs, c’est quasi tout droit.

 

Lundi 12 avril : triste journée, nous restituons les motos. Une formalité pour Eagle Rider, mais dont nous nous acquittons avec un pincement au cœur.

 

Merci pour tout les filles ! Exceptionnellement ce jour, le groupe se divise.

 

Une partie reste à Las Vegas pour visite et shopping, l’autre, en deux GMC, se dirige vers la Vallée de la Mort.

 

L’un des endroits les plus chauds de l'Amérique du Nord dit on

 

Le soir, à Vegas, les taxis sont mis à contribution pour retourner sur le strip et la visite intérieure cette fois de la cour de récréation de l’Amérique.

Mardi 13 avril : lever tôt, petit-déjeuner à l’arrachée et avion pour San Francisco.

 

Dès l’aérogare, guide et bus sont prévus pour nous faire découvrir la ville que la brume dévoile peu à peu.

 

Après le déjeuner chinois, on est aux pieds du Golden Gate Bridge.

 

Le célèbre pont suspendu de Californie qui traverse le détroit qui lie la baie de San Francisco à l’océan Pacifique.

 

On reconnaît les deux tours vertigineuses et la couleur ‘orange international’ qui valent à l’ouvrage d'art de faire partie des sept merveilles du monde moderne.

Mercredi 14 avril : quartier libre dans San Francisco.

 

On ne boude quasi aucune des pistes recommandées par notre guide.

 

Jeudi 15 avril : la bonne humeur aura été de courte durée.

 

A l’arrivée du vol San Francisco-Chicago, notre correspondance pour Paris CDG est ‘cancelled’. Annulée.

 

Un volcan islandais, dont le nom ne se prononce pas mais s’éternue, a traîtreusement abusé de notre insouciance de la veille pour sortir de près de deux siècles de léthargie et bloquer par ses rejets gigantesques de poussières l’espace aérien européen.

Bilan : nous serons bloqués à Chicago jusqu’au 22 avril, temps que nous mettrons à profit pour visiter notamment le Museum Harley Davidson à Milwaukee et le centre ville de Chicago. Finalement, à 18h00, le vendredi 23 avril.

«tous nous sommes retournés, plus tard que prévu et sans un sous, mais plus riches qu’avant».

 

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article et photos Rodolphe

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