Le Mans Legend Chapter à l'assaut

de la Mine Bleue

Le colonel J-J. T. avait donné l’ordre à ses troupes de se rassembler aux aurores pour hisser les couleurs et faire le plein des matériels en prévision d’un départ sans étape vers l’Anjou dès 7h30 AM.


Les officiers de sécurité équipés de leurs moyens de transmission prenaient en charge trois ou quatre engins de transport de troupes sous leurs ordres, dans le but de sécuriser le convoi.

 

Cette précaution était d’autant plus utile que des bleus venaient pour la première fois rejoindre la troupe.

 

Il était hors de question de les perdre en route, avant le début des opérations souterraines.

7H30 pétantes, le colonel, accompagné de sa fidèle cantinière Marie, enfourchait son "Command’HD" et prenait le guidon, à la tête du régiment pour les 130 kms d’étape de liaison en ce petit matin frisquet.

La prostate d’un bleu, perturbée par l’émotion d’une première mission nécessita un arrêt intempestif en cours de route.

 

C’est pourquoi le régiment n’arriva pas d’un seul tenant aux abords de la mine.


Néanmoins, après quelques minutes d’attente, les troupes regroupées pénétraient à pied et à l’heure prévue, dans l’enceinte.

Pas besoin de monter les guitounes, il était possible d’établir le campement dans l’un des bâtiments restaurés de cette ancienne mine d’ardoises.


Avant le début des manœuvres souterraines, il fallait redonner du moral aux troupes en leur accordant un bon casse croute.

 

Le colon et sa cantinière avaient tout organisé sur place, la roulante avait fait son job dans les temps et déjà tout installé.


Café chaud pour les biffins et thé anglais pour les "pe.f.a,te", accompagnés d’un morceau de gâteau et d’un verre de jus d’orange.

10heures AM, un pitaine du bled arrive pour équiper les trouffions avant de les emmener crapahuter au fond de la mine à 130m sous terre.

 

Charlotte et casque lourd pour protéger nos p’tites têtes, puis la descente vertigineuse dans l’trou s’effectue par section de dix douze à bord d’un funiculaire qui plonge direct dans les entrailles de la terre.


A peine arrivé en bas, le pitaine regroupe les troupes et confie le commandement à l’adjudant chef Florence qui servira de guide.


Bâtie comme un colosse, elle perd pas de temps et se fait respecter illico.

Après une balade dans le p’tit train minier, entassés comme des sardines, dans les premiers boyaux étroits de la mine, elle organise, explique, donne les consignes et en deux coups de cuillère à pot elle repère les "lumières" du contingent et les désigne d’office comme éclaireurs en leur filant une casquette à loupiotte.


Pour la queue du convoi, elle assure en nommant le gars Bruno comme juteux-chef et lui attribue le doux sobriquet de tête d’ampoule (ce rôle de composition lui va comme un gant !).


Nous voilà partis sans bardas pour explorer par le nord, dans la pénombre, le labyrinthe des galeries creusées à même la roche

L’adjudante est missionnée pour nous faire découvrir et retracer l’histoire des hommes qui ont accompli ce travail titanesque au début du XXème siècle.


Durant 1h30, elle nous dépeint avec beaucoup de talent, la dure vie de ces ouvriers exploités à extraire l’ardoise.

 

Elle nous raconte leurs conditions de travail et sociales épouvantables qui les mèneront à la révolte dans les années trente, lors du front populaire.


Les droits les plus élémentaires ont été ignorés durant des décennies, les accidents du travail, les maladies pulmonaires et l’alcoolisme étaient le lot quotidien de ces forçats de la mine.

La "Postillonne", alcool à base de calva de vin blanc et de sucre, qui titrait 60°, était le seul plaisir autorisé.

 

Un litre par jour et par homme pour que l’ivresse amoindrisse la dureté du labeur et adoucisse la triste vie des mineurs.


Nous traversons plusieurs salles aux dimensions de cathédrale où les scènes de travail journalières ont été reconstituées.

 

On peut y croiser "la mignonne", une benne sur rail qui doit son nom au simple fait qu’elle se laissait culbuter plusieurs fois par jour sans jamais rechigner contrairement aux dames restées à la maison !

11 heures AM, fin des manœuvres dans la mine et retour en surface pour les classes !


La Florence nous explique les différentes étapes du travail de l’ardoise.

 

Elle passe aux travaux pratiques avec le juteux chef Bruno qui pige du premier coup comment "bouquer" puis "querner" la pierre, avant de fendre la galette de schiste dans l’épaisseur.

 

Il s'agit de réaliser le produit fini au format qui recouvre nos toits : une vraie lumière le gars Bruno !

Repos, rompez les rangs, Florence paye son coup au mess !

 

Un p’tit gorgeon de "Postillonne" pour mettre toute l’unité en appétit avant "le rata et le singe" servis sous forme d’un copieux buffet au campement.

Le convoi et ses troupes s’ébranlent de nouveau dès 4 heures PM.


Pour le retour, le colon a prévu un itinéraire bucolique par les petites routes secondaires de l’Anjou.

 

Il nous amène vers quelques forteresses du temps jadis qui méritent le détour, la vallée de la Sarthe et du Loir, un vrai régal pour agrémenter la fin de mission.

19 heures PM le régiment a regagné la base, mission accomplie, les perms sont distribuées et les trouffions sont libérables, c’est la quille !


390 kms parcourus.

Chapeau au colon et à sa cantinière pour avoir mené avec une telle habileté et sans encombre ces manœuvres de conquête de La Mine Bleue.

 

Quel talent de stratège !


Les trente neuf volontaires avec leur vingt trois "Big Twins" sont prêts à rempiler sans condition !


A vos ordres mon colonel !

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article et photos Philippe

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