Chapter Avignon

Marché de Noël

à Eyguières

Ce second dimanche de décembre, pour sa dernière sortie de l’année, bravant un mistral glacial dont le seul mérite fut de dégager le ciel pour un superbe mais impuissant soleil, l’Avignon Bridge Chapter est allé faire ses courses au marché de Noël d’Eyguières.


Eyguières, un gros bourg, comme disait Daudet, village de Provence de la Vallée des Baux, porte des Alpilles, bercé l’été par le chant rieur des cigales inspirées par les mélodies rafraîchissantes de ses fontaines.


L’été seulement. Parce qu’en hiver, à défaut de les entendre, les seules cigales que l’on peut voir sont celles que les vitrines des magasins de souvenirs osent encore exposer, et celles scellées à l’année sur les façades des maisons, histoire de rappeler aux touristes, si besoin est, qu’ils sont bien arrivés en Provence.

Pour l’heure, Eyguières n’échappe pas à la météo qui frigorifie en cette mi-décembre la Provence entière.

 

Une Provence qui se gèle sous les assauts d’un mistral qui n’a rien d’emballant, et tente au contraire de nous réfrigérer à grands coups d’effets kiss cool.


Partis du Mazet anglois, dopés au chocolat et au café chaud, les douze membres de l’ABC que nous sommes s’inscrivent sagement dans le sillage du Road Captain David, le Director Charles jouant la moto balai. Hervé et Christian sont en rodage.

 

Le premier de son second Fat Bob, le second d’une Ultra Limited flambant neuve, mais nous ne les perdons pas.

Dans le rétroviseur nous gardons aussi un œil sur Roland.

 

Le bagnolais se familiarise au Road King qui a bouté il y peu un Fat Bob moins confortable pour Madame.


Sur un bon rythme défilent ainsi Aramon, Boulbon, Graveson, Saint Rémy de Provence, Eygalières, Maussane les Alpilles, Mouriès, Aureille, et autant de collines de calcaire, étrangement déchiquetées, qui ont des reliefs si aigus que cela leur a valu de porter le nom d'Alpilles.

 

Nous arrivons à Eyguières un peu plus tôt que prévu. Pourtant nous avons pris le temps de profiter des paysages sublimes, de cette nature demeurée sauvage et de traditions précieusement sauvegardées.

Au fil des petites montagnes recouvertes de garrigue, de forêts de pins, ont défilé ces images de la Provence intérieure que nous connaissons bien, de cette Provence authentique que l’on sait pays des écrivains Alphonse Daudet et Frédéric Mistral, pays de Van Gogh aussi, que St Rémy a inspiré par sa lumière, ses tournesols et ses fameux cyprès.


Mais pour l’heure, encore une fois, nous sommes en décembre. Et justement à Eyguières les traditions Calendales sont célébrés comme dans tous les villages alentours.

 

Le marché de Noël est installé en centre ville, aux pieds de l’église paroissiale qui abrite une immense crèche dont le seul enrochement de papier a, dit on, nécessité trois semaines.

Pour rejoindre le petit marché, depuis le restaurant où les motos sont rangées, nous croisons quelques maisons de village typiques du midi, d'anciennes maisons de maître.

 

Nous empruntons des petites rues qui montent ou descendent, et réalisons que l'eau coule toujours à Eyguières, été comme hiver dit on ici, dans les belles fontaines Coquille, Cocotte ou encore des Bormes, qui disputent les touristes aux jolies petites placettes ombragées.


Le modeste marché de Noël décline les fameux 13 desserts, mais ce sont les petits bijoux qui retiennent l’attention des dames, et deux grands fauteuils confortables sur lesquels tout le monde posera lors d’une séance photo hélas sans Père Noël.

Heureusement sur le chemin du retour vers le restaurant nous croisons la Mère Noël. Les bras chargés de baguettes de pain chaudes, Samira tombe dans le traquenard que le groupe de bikers lui tend, et tout sourire, se plie à l’inévitable photo collégiale.


Le resto s'appelle Lou Mount Menut, la petite montagne en provençal. Nous y sommes accueillis par la famille Audegon, Denis et Nadine au service, et leur fils Mickaël, chef de cuisine, qui sauront nous faire découvrir les saveurs de la cuisine provençale.

 

Nous y préfèrerons évidemment la salle et son ambiance plus que chaleureuse à la terrasse ombragée abandonnée aux motos.

 

La tarte tatin au melon finale poussée par le café, nous reprenons la route direction Saint Martin de Crau, puis Raphèle et Arles, où nous marquons une ultime halte chez le Road Captain David. Là, nous nous réchauffons autour du Jotul de l’atelier de menuiserie paternel, et les doigts croisés sur les cafés servis par Samantha.


De providentielles doses de chaleur à emporter qui nous accompagneront sur les chemins du retour, face au mistral, lequel mettra ainsi plus de temps à nous engourdir

 

article et photos Rodolphe

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