Run to Sturgis,

on a changé de planète

Sturgis petite bourgade du sud Dakota a deux atouts maitres indiscutables, son environnement qui ferait pâlir d'envie les écolos les plus blasés et un des rassemblements bikers des plus importants au monde.

 

De Paris vous atterrirez soit à Salt Lake city (Vatican des Mormons) soit à Denver mais dans les deux cas vous visiterez (sans casque!) au minimum quatre états et pas des moindres question beauté.

 

En vrac: les Rocheuses, les Badlands, les Black Hills, Little Big Horn, le fabuleux Yellowstone, le Devil Tower, l'inévitable mont Rushmore, Vernal et ses dinosaures, et pourquoi pas avec un surplus de courage le lac salé de Bonneville.

Mais aussi et surtout des noms symboliques de notre jeunesse:

 

Buffalo Bill, Calamity Jane, Will Bill Hitchcock, Général Custer, Crazy Horse etc...

 

Les représentations manquant parfois d'authenticité mais qu'importe le rêve reste toujours intact.

 

Des bestioles en liberté bisons, cerfs, élans, coyotes, ours brun, grizzlis, antilopes, mustangs, serpents à sonnettes, aigles royaux et j'en passe...

 

Un océan de couleurs et de variétés de paysages qui laisseront sans voix les plus insensibles.

Et pour parachever tout ça des hôtels très kitchs avec des chambres et des lits tellement grands qu'ils te font perdre le sens des réalités.

 

Voila le tableau posé.

 

Qu'avons nous maintenant côté négatif: pourquoi les ricains s'évertuent-ils à nous balancer la clim version grand nord et pourquoi systématiquement un verre de glaçons dès que tu fais mine de poser ton postérieur sur une chaise?

 

Il y a peut être corrélation avec le ciel qui quelquefois te balance de la grêle comme des balles de ping-pong sur la tronche.

Il est aussi bon de savoir que des lieux aussi magiques attirent un monde fou ce qui gâche un peu le plaisir.

 

Pour conclure dans le négatif attention aux forces de l'ordre, intransigeantes.

 

Un petit excès de vitesse doublé d'un resserrement m'a coûté la bagatelle de 162 dollars cash.

 

Vous avez donc compris que quand vous faites le rallye de Sturgis vous profitez de tout ce qui tourne autour qui je vous le concède honnêtement représente plus de 50% du voyage.

 

Je vous en fais un condensé avec beaucoup d'oublis pour éviter de virer encyclopédie.

Atterrissage Salt Lake city: capitale de l'Utah et Vatican des Mormons cette communauté religieuse est fondée sur la famille, l'obéissance et la morale.

 

Pas d'alcool, pas de café, pas de clopes, pas de ... mais beaucoup de sexe, polygamie oblige malgré son abolition officielle...

 

Une bière "polygam beer" est commercialisée dans la région, un petit pied de nez aux mormons.

 

Salt Lake est une ville très propre mais spartiate, puritaine et sans intérêt pour nous, même le quartier branché te filerait une déprime.

 

Le temple square est le seul édifice à visiter en partie, pas des plus attrayant non plus.

 

On part se coucher de peur d'être envoyés au bûcher pour nos pensées dépravées.

 

Notez qu'avec un peu de courage Bonneville et ses courses de vitesse sur le lac salé ne sont pas très loin.

L'hôtel est au top de sa forme: Little America un palace et un buffet ainsi qu'un resto dignes d'un étoilé Michelin.

 

On retrouvera le même au retour. Location motos: concession H.D. de Timpanogos à Lindon, mention bien, bécanes quasi neuves.


Jackson Hole (Wyoming): j'enregistre illico par des bourdonnements d'oreilles une grimpette très sérieuse (2850 m au gps).

 

Paradis des canoës et rafteurs, ce coin est aussi un paradis pour les yeux, à Afton une étrange voûte de cornes de cerf nous fait office de banderole "Welcome Bikers".

Arrivée à Jackson avec l'impression désagréable que mon pneu arrière se dégonfle.

 

Le fameux bar "Million Dollar Cow boy" où l'on picole sur des selles de bourrins vit sur sa renommée.

 

Ce n'est plus de l'or qu'il recherche mais les dollars des touristes, réception assez nulle dans l'ensemble sauf dans les quelques restaurants ouverts malgré que le sel n'est plus sur la table mais sur la note.

 

Trop de tourisme... tue le tourisme. L'hôtel choisi: "Elk Country" Inn de merveilleux petits chalets mais nous avons roupillé dans l'unité centrale.

 

Pas de petit dej ici.

Grand Têton et Yellowstone (Wyoming Montana Idaho): On démarre la grande boucle en entrant dans le merveilleux parc du grand Têton.

 

Il a été découvert par des trappeurs français d'où le nom.

 

Une douzaine de pics à quelques 4 000 mètres  encerclent des minis lacs adorables.

 

Ma roue arrière me confirme qu'elle va rendre l'âme.

 

Le 4x4 d'assistance et le guide Abel me permettra de tenir jusqu'au bouclard Harley le plus proche.

Entrée au parc du Yellowstone le plus enchanteur et le plus ancien parc des Etats Unis.

 

Il te faudrait un mois pour le visiter en totalité vu sa grandeur, plus vaste que les deux départements de la Corse réunis.

 

Il intègre la notion de nature à l'état pur avec un minimum d'intervention humaine.

 

Ici les magmas en fusion sont si près de la surface que souvent des geysers crachent leur souffre à des hauteurs vertigineuses et les cours d'eaux sont brûlants.

Certains scientifiques émettent l'idée que le jour où ce magma va péter, ce sera la fin du monde tant les cendres empêcheront le soleil de darder ses rayons sur notre globe bien aimé.

 

En attendant ce joyeux moment et au détour d'un virage on se retrouve nez a nez avec un troupeau de bisons.

 

Le ralenti d'une Harley imitant le bruit d'un mâle en colère, on coupe le moteur pour leur montrer notre fraternelle anxiété.

 

Je vous fais grâce de la splendide vision de la Lower Falls, une chute d'eau plus belle (grâce à son environnement) et plus haute que les très célèbres Niagara Falls.

C'est sous de petits grêlons sympas et le pneu arrière à 800 grs que nous atterrissons à notre hôtel à West Yellowstone.

 

Le "Yellowstone Lodge" avec petit dej, sympa, et surtout tout ce qu'il faut en chambre pour ne plus ressembler à une grenouille.


Cody (Wyoming): on quitte à regret le parc de Yellowstone toujours cerné par les troupeaux de bisons et nous voilà sur la Chief Joseph highway, route scénique, pure merveille de montagne.

 

Direction Cody la ville créée par Buffalo Bill.

A midi à Cook city arrêt incontournable au "Bistro" pour se délecter de truites de souche et où déjà le nombre de bikers nous laisse entrevoir que l'on est sur la bonne voie.

 

Arrivée à Cody ville typique de l'ouest américain. A voir absolument: le stade de rodéo, l'hôtel bar resto "Irma" (fille de Buffalo Bill), un musée dédié à ce dernier et apparition de quelques Outlets pour démarrer de bonnes affaires.

 

Après Irma sur la droite, un buffet asiatique très achalandé pas cher et sympa pour les délicats de l'estomac. L'hôtel choisi "Holiday Inn" avec piscine et buffet pour le petit dej mention bien.

Buffalo ( Wyoming): grandes plaines du Wyoming suivies de falaise ocres de toute beauté.

 

Au loin une tornade se dessine, on accélère, on se propulse au ranch TA où nous attend un accueil très Far West disons même cow girls tellement c'est les femmes qui contrôlent ce ranch extraordinaire.

 

Balade à cheval, chambre typique de l'ouest 1850, gentillesse des hôtes et surtout apéro au Gewurztraminer (?) Dominique a du passer par là...

 

Le repas fut à la hauteur de l'événement et très arrosé...La charmante patronne Barbara apprend actuellement la langue de Molière.

Rallye de Sturgis (Dakota du sud): départ du ranch après un copieux petit dej et un méga coup de soleil sur le nez, pire qu'un vigneron du Beaujolais.

 

Premier arrêt au "Devil Tower" espèce d'appendice strié étonnant de presque 400 m de hauteur.

 

Une légende entoure ce mont, des filles Sioux furent prisent en chasse par des grizzlis, le grand esprit souleva le sol, sauva les fillettes créant le Devil Tower, les ours en tombant strièrent de leurs griffes la roche de marques verticales. Charmant non?

 

Il y a mieux et plus récent, avec "Rencontres du troisième type" où sur la fin le Devil Tower est mis en valeur par Spielberg.

Le nombre de motos est ici impressionnant ce qui laisse présager un Sturgis démentiel et ce fut le cas.

 

Apres un sandwich gros comme une planche de surf, nous arrivons pour 4 jours à Deadwood située à 10 mn du rallye.

 

Une petite ville typique de Calamity Jane et son pote Will Bill Hitchcock enterrés d'ailleurs au cimetière principal.

 

Mais revenons un peu au rallye. La première chose qui frappe c'est la démesure dans laquelle cette petite ville de quelques milliers d'âmes est tombée pour quelques jours et ceci depuis sa création en 1938.

Il est vrai que situé au mois d'août, mois de vacances des nuées de bikers affluent de tout le pays et dans une forte proportion aussi de l'étranger avec comme mode de locomotion un maximum de touring.

 

Les loueurs principaux étant Eagle Riders et toutes les concessions HD de la région. Pour les avoir toutes visitées c'est celle de Rapid City qui obtient le maillot jaune d'abord par la célérité de son service ainsi que l'immense parc de bécanes proposées.

 

Sturgis se fait en bécane et sans casque, ne serait ce que pour profiter d'un poil de liberté et des odeurs mélangées de BBQ, burn et Jacks Daniels ainsi que d'épouser le look d'Einstein aux arrêts.

Peut être un des derniers espaces de liberté de la planète?

 

Tous les noms de notre passion sont présents ici sur l'avenue Lazelle, mais Sturgis délaisse un peu tout cela au profit  de la fête à outrance.

 

Tous les bars et pubs sont pleins à craquer, avec des animations quelquefois étonnantes, combat de drôles de nanas qui n'auraient aucune chance de figurer en poster dans la cabine d'un routier, boxe entres potes qui tellement bourrés n'arrivent même pas à se toucher, cages à burn enfumées, concerts monstres, gros nichons au prorata du pourboire, déguisements complexes, et j'en passe.

Tout ceci dans une ambiance bon enfant. Il n'est pas rare de voir à l'entrée des bars "no colors" pour éviter les affrontements entre %.

 

On a aimé le Knuckle, le Full Trottle, le Broken Spoke et l'incontournable One Eyes Jack Saloon où le sexy est roi....

 

A noter que la rue principale "Main Street" ne sert que d'immense parking à bécanes sur 4 rangées, nettement plus importante et plus longue que celle de Daytona.

 

Une semaine ne suffira pas pour faire le tour de toutes les festivités et exposants de ce rallye exorbitant.

Un conseil beaucoup de stop à peine visibles ( surtout la nuit) échelonnent les parcours, arrête toi 2 pieds à terre si tu ne veux pas de désagréable surprise.

 

Finissons par la bouffe (terme sciemment choisi) comme partout aux States, énorme, éléphantesque et graisseux, rien qu'à regarder ton plat tu prends 500 grs.

 

Cherche les buffets, au moins tu choisiras quantité et qualité avec les yeux et comme boisson un bon vin californien.

 

Hôtel choisi pour 4 nuits: l'Hampton Hill à l'entrée de Deadwood superbe et vaste, avec buffet et machines à sous, genre Vegas, un must.

Les Black Hills englobent le Custer Park, le mont Rushmore, le Crazy Horse monument et les deux routes mythiques que sont l'Iron Mountain (360°) et la needles highway (étroit tunnel).

 

Incontournable, que du bonheur.

 

Il va s'en dire que tout est payant ici à coup de 10 dollars voir 20 dollars, méfiez vous quand on vous rend la monnaie ...


Cheyenne - Fort Laramie (Wyoming) . Après 4 jours à Sturgis la fatigue commence à se faire sentir et le départ est très apathique pour tous, avec malle Vuitton sous les yeux et maquillage Néfertiti pour les filles.

On se rend subitement compte du bonheur d'avoir un van qui nous porte nos bagages et nos boissons fraiches.

 

Fort Laramie arrêt indispensable pour casser la longueur de cette étape.

 

Ce fort permet de connaitre une partie de l'histoire du Far West . Laramie a eu trois noms différents, trois constructions différentes et à trois époques différentes.

 

Je ne vous en dis pas plus, sauf en aparté notre rencontre avec le Chapter de Toulon ici en "goguette".

 

La pluie se fait dru, je décide de recoller le groupe pour une arrivée groupée sur Cheyenne.

Les Rocheuses - Grand lake (Colorado). Après un copieux petit dej départ de Cheyenne avec un premier arrêt à Loveland à la splendide concession de Thunder Mountain parait-il la plus grande du monde (?) dont la monumentale cheminée centrale ferait rêver René Brisach.

 

On reprend la route avec un arrêt surprise à l'hôtel Stanley où soit disant Stanley Kubrick a tourné le film Shining .

 

Cette histoire d'épouvante a été inspirée à Stanley Kubrick par Stephen King qui a séjourné dans la chambre 217 de cet hôtel pour écrire ce best seller mondial.

Re-depart direction les Rocky Mountains. Ca grimpe dur et ça n'arrête pas, les paysages sont sublimes on entrevoit les sources du Colorado, des marmottes s'amusent, des élans et biches créent quelques embouteillages de bécanes voulant immortaliser la scène sur papier glacé.

 

Mon GPS enregistre 3900 mètres et ça monte toujours. Des plaques de neige apparaissent, on se couvre, le bandeau qui enserre la tête passe sur la bouche, cheveux en plein vent on entame la descente qui sera tout autant magique.

 

Arrivée au bord d'un grand lac au Gateway Inn superbe hôtel dont tous les surprenants meubles en bois ont été construits par les propriétaires.

Vernal (Utah): après un trajet assez commun, on remonte 200 millions d'années en arrière avec un site à la Jurassic Park.

 

La Green River à l'époque emporta un régiment de dinosaures qui se retrouvèrent fossilisés dans une falaise mise à jour pour la plus grande joie des amateurs d'osselets.

 

Très kitch aussi les dinosaures en stuc qui agrémentent les avenues de cette petite ville. Hôtel choisi: Holiday Inn Express mention bien, propre et toujours des chambres immenses.


Retour à Salt Lake City en longeant les splendides Blues Mountains.

 

Le périple de ce reportage a été imaginé il y a bien longtemps par Westforever et peaufiné régulièrement.

 

3 400 kilomètres, 22 clients satisfaits, 13 bécanes neuves sans ennui, avec comme guide des plus dévoués Abel.

 

Ce fut 15 jours de bonheur dans des cadres féériques avec en but un des rallyes les plus importants de la planète.

 

Rouler en bécanes dans tous ces espaces sauvages est inexprimable, surtout avec une sécurité maxi accrue par un guide dont la connaissance du parcours frisait l'excellence doublé d'un véhicule suiveur porte bagages dont la remorque porte motos n'a avec bonheur jamais été déployée.

Que du bonheur nuit et jour malgré quelques courses de vitesse contre des éléments météo mécontents.

 

Personne ne pourra comprendre comment il est difficile maintenant de reprendre une vie saine et raisonnable dans un si petit pays qu'est le notre.

 

Do or don't, à vous de choisir, mais triple A pour Westforever, ça c'est une certitude.

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article et photos Alain et Mimi

Les partenaires de Legend Motorbike