Un Français au 110 ème, en Australie

Un Français au 110ème en Australie.
Pour bien démarrer l’année 2013 et ses festivités, j’avais planifié un voyage en Tasmanie et en Australie.

 

Certes, ce n’était pas mon premier ride de l’autre côté de notre planète bleue, mais après 2008, 2009, je voulais participer au premier rallye officiel du 110ème anniversaire de l’année à Melbourne qui se tenait du 12 au 14 avril 2013.


Après une semaine culturelle, avec en star le nouveau musée « Mona » près de Hobart et une journée de vendanges au pays des petits diables (Tasmanie), un comble pour un alsacien, je suis retourné le mercredi à Sydney pour prendre le Road King que j’avais réservé chez Bikescape à Annandale.

Paré d’un top case et d’un GPS, me voilà de nouveau preux chevalier des temps modernes, parti pour une quête d’un grâle qui est la rencontre d’amis partageant la même passion du VTwin.

 

Pour se remettre correctement en selle, j’ai commencé ma descente sur Melbourne par la Hume Highway.

 

Comme l’après-midi était déjà bien avancée et que le compteur affichait 400 Km, j’ai décidé de faire un premier stop over night à Gundakai, petite ville historique où ses maisons typiques égrainent la rue principale et qui garde le squelette du plus long pont ferroviaire (819 mètres) en bois et qui date de . . . 1903.

 

Cette date ne vous rappelle rien ?

Une autre construction en bois de cette année est devenue célèbre et sera représentée plus loin dans mon article . . . . .


Jeudi matin, fin prêt, je reprends la route en direction du sud et comme tout nostalgique, le passage dans le petit bourg de Holbrook m’oblige à un arrêt pour contempler son musée du sous-marin et cette espèce de sentinelle noire qui garde le passage.

 

Continuation vers Albury pour étancher la soif de mon destrier et je prends la direction de Wodonga et Yarrawonga, qui se trouvent dans la vallée de la rivière Murray. La route serpente un peu à travers une forêt d’eucalyptus avant de couper des vignobles et des oliveraies.

Yarrawonga est une ville qui se trouve sur les berges du lac Mulwala, où des troncs d’arbres émergent de la surface, les branches levées vers le ciel comme un dernier espoir de vie avant une longue agonie.

 

C’est aussi la frontière entre les provinces du New South Wales et de Victoria.


Après quelques kilomètres dans cette vallée, cap vers Shepperton avec des arrêts photos de rivières aux ondes miroitant des arbres sans avenir…


Comme l’astre du jour rayonne encore, mais en étant de plus en plus vigilant sur la présence de kangourous qui sortent à la tombée de la nuit, de nombreux corps percutés jonchent les bas-côtés, je poursuis ma route jusqu’à Seymour qui se trouve à 90 Km de Melbourne.

Ville au passé historique important, sa gare rouge et or offre un accueil gai aux voyageurs.

 

Arrêt pour la nuit dans un bushman motel et comme récompense gastronomique, un dîner dans une ancienne poste de 1872, transformée en restaurant et galerie d’art.

 

Superbe endroit et accueil très sympathique !


Vendredi, jour d’arrivée à Melbourne sous la pluie et direction l’hôtel que j’avais réservé, avant d’aller sur le site du rallye.

 

En tout début d’après-midi, je roule en direction de Williamstown et de sa place Nelson.

Je parque mon Road King et je vois des membres du HOG déambuler une glace à la main.

 

Le soleil est de retour et je me dirige vers l’entrée du site, toutes portes fermées.

 

Comme il n’y a pas d’animations, je demande à un membre du staff quand ouvrent les portes et il me répond : 16h car le rallye doit durer 47 heures !


Portant les couleurs de l’Alsace Chapter, plusieurs membres des Chapters locaux m’interpellent et discutent avec moi, étonnés que j’ai fait le voyage pour cet événement.

 

A 15h45 un petit groupe d’impatients, dont je fais partie, s’amasse devant les portes et à 16h, les premiers inscrits donnant leurs code-barres d’inscription reçoivent le bracelet VIP et le sac souvenir avec le pack 110ème (casquette, bandana et pins), le pin du 30ème anniversaire du HOG et le programme.

 

J’en profite pour faire les premières photos et visiter le site qui est sur une jetée dans le port avant d’en faire le tour complet.

 

Peu de stands à part celui du HOG, du custom shop dans le camion, d’un vendeur de pantalons en kevlar et de buvettes devant une petite scène.

 

Au milieu, un parc protégé et délimité invite Matt Mingay à ses acrobaties en tant que cascadeur.

Poursuite de la visite dans un hangar avec la scène principale.

 

Sur le côté, derrière une fresque peinte par un artiste, tout juste terminée pour ma photo, une superbe exposition retraçant toute l’histoire de l’évolution Harley Davidson avec dates et explications, confortée par la présence des différents modèles.

 

Un stand offrait aussi la possibilité d’acheter des bouteilles de vin avec l’effigie des créateurs de cette légende sur l’étiquette.

 

Pas pratique à transporter en deux roues et par avion !

 

Pas de crainte, l’expédition est possible dans le monde entier.

Comme divertissements, des démo-rides sont organisés, possibilité de se faire pixelliser sur Facebook chevauchant un des deux modèles de la gamme avec ou sans hôtesses et en toile de fond un paysage. . . . US (même les paysages du nouveau monde se supplantent à l’île « continent » la plus grande de notre planète).


Incroyable, mais vrai, j’entends appeler Thierry et en me retournant, je vois Andrew, membre du Chapter de Tasmanie, qui m’avait invité à participer en 2009 au Rallye National Australien à Launceston en Tasmanie et que j’avais rencontré par hasard dans un pub irlandais près de Milwaukee lors du 105ème anniversaire de la marque.

 

Il est venu avec quelques membres de son Chapter et nous avons partagé ces moments de pur bonheur.

En soirée, quelques « bands » ont excité les décibels et comme un orage a éclaté, tout ce petit monde s’est retrouvé dans le hangar.

 

Après un spectacle de style « fakir », la pluie s’étant calmée, j’ai revêtu ma tenue de pluie pour le retour à l’hôtel.


Samedi matin, pour changer, car aucune balade n’était organisée par des Chapters locaux, j’ai chaussé mes running et j’ai marché jusqu’à « Dowtown » pour une visite à « Harley Heaven », concession Harley Davidson située en plein cœur de la ville au 115A Beckett Street.

 

C’est une grande concession qui offre un choix très varié de motos, vêtements, pièces détachées et autres accessoires ou souvenirs.

L’accueil y est sympathique et les rencontres alimentent les idées, tant avec le staff qu’avec les passionnés.

 

Après ce petit pèlerinage, je me suis offert une balade dans cette ville cosmopolite où le bus gratuit vous fait découvrir l’architecture, la vie culturelle et les différents musées et autres espaces de loisirs.


Pour compléter la journée, je retourne sur le site malgré une circulation bien délicate avec tous les feux rouges, les multiples voies et sorties où même le GPS m’a imploré pour avoir un fil d’Ariane.

 

Sous un ciel bien bas, la foule n’étant pas vraiment au rendez-vous selon moi, les activités s’enchainent lentement avec le cascadeur, le démo-ride et quelques HD présentées pour le custom show.

Au bout de la jetée, trois bateaux de l’association « SEASHEPHERD » sont amarrés.

 

Les membres de cette organisation proposent des visites avec explications sur leur but et sur leur outil de combat contre les usines flottantes de chasse à la baleine.

 

Ils ont ainsi pu sauver 932 baleines d’une fin tragique cette année.

 

Ils ont même droit à des épisodes à la TV actuellement sur la chaine « Discovery ».


Dimanche, la parade ou « thunder run » était proposée, mais sans parade de drapeaux organisée et sur un parcours de 30 Km dans les environs.

Pour parfaire ma soif de découverte, je décide de faire une balade le long de la Great Ocean Road et aller jusqu’aux « Douze Apôtres », formation de roches calcaires érodées par les vagues et qui égrainent le littorale de cette côte escarpée.

 

C’est un panorama à couper le souffle, surtout si, comme moi, vous vous offrez le luxe de les survoler en hélicoptère au sunset.


Après ces rides assez humides et cette fête qui était moins enthousiasmante qu’espérée, lundi matin, sous la pluie, j’ai pris le départ pour le retour vers Sydney et c’est en scaphandrier que j’ai parcouru les 150 premiers kilomètres avant que le soleil ne fasse son apparition.

J’avais prévu de m’arrêter avant Sydney pour passer une nuit encore sur la route et profiter d’une dernière séance de déballage et rempaquetage sur la moto.

 

Je prévois toujours une journée de plus en cas de . . . . Mais à 70 Km de mon stop, un orage d’une rare violence éclate et malgré mes habits de pluie, n’y voyant pas à 3 mètres, je roule sur la bande centrale striée de la double voie pour garder le cap et ne pas me faire percuter par un véhicule.

 

Après trente autres Km vers Goulburn, capitale du mouton Mérinos, c’est en « petit nageur » que je me présente à la réception d’un motel en espérant une chambre disponible et surtout un bon lit.

 

Je ressemble au loup des dessins animés de Tex Avery avec les yeux exorbités.

 

Première activité dans la chambre, près d’une heure de sèche-cheveux pour sécher mes affaires et mon casque qui n’était plus étanche avec ce déluge.


Comme toute bonne chose a une fin, le mardi matin, derniers 200 Km pour rendre la monture aux deux lettres mythiques « HD » à Bikescape, ranger mes affaires de moto dans la valise.

 

Direction l’aéroport où je m’envole pour 25 heures de jet avant d’atterrir sur le tarmac de notre Gaule.

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article et photos Thierry

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