GASTRONOMIE CATALANE
CHATEAUX CATHARES
Toulouse Chapter

Dans nos différents articles, je vous ai parlé de cathares, de catalans, de croix occitane... Mais il y a aussi des histoires qui ne se racontent qu’entre vieux bikers, assis sur un banc, face à cette magnifique chaîne pyrénéenne.

Selon la légende, dans la nuit du 20 avril 2013, un monstre sanguinaire fit son apparition dans un de ces fameux châteaux cathares près du village de Rivesaltes, dans les Pyrénées Orientales.

 

Il s’agirait du Babau (prononcez « babaou »). D’où venait-il ? Qui était-il ? Personne ne l’avait encore rencontré.

 

Il n’en fallait pas moins pour que nos vaillants chevaliers s’emparent de ce mystère avec la ferme intention de lutter contre cette diablerie.

Le Toulouse Chapter, dans sa volonté de conserver l’âme cathare dans cette région, voulut bien compatir aux malheurs de ses sujets du Haut-Languedoc et son Chapter Director fit donner la troupe.

Le Road Captain s’est volontairement mis à la tête de hardis bikers afin de donner la chasse à l’animal mystérieux. 55 bikers, prêts à en découdre, se sont donné rendez-vous ce matin du 21 avril, pour parcourir les 250 kms les éloignant de cette terre de contrastes.

Le briefing était clair : « Oyez gentes dames et beaux damoiseaux ; la population de Rivesaltes ne sort plus de chez elle, des battues journalières sont organisées, mais rien n’y fait. Une chose est sûre, le bruit émis par cette bête est très éloigné d’une Harley ».

Moultes de gens l’avaient vue et en avait souvenance : une cylindrée de 600 cm3, un berceau inférieur de cadre générant des vibrations mécaniques, des étriers à quatre pistons ainsi que des disques en « pétale » inspirés des techniques ancestrales.

 

Elle se dresse sur son derrière et fait de « petites singeries » et feigne de n’avoir point de méchanceté. Pour beaucoup, le doute n’était plus permis, le soleil levant venait de prendre pied dans notre pays cathare.

Conformément aux instructions du bureau du Toulouse Chapter, le Road Captain décida, à la tête de ses bikers, d’installer son quartier général à Rivesaltes pour y tenir concile et définir une stratégie digne des croisades médiévales.

Mais avant de combattre, il faut faire ripaille. La taverne « Les Arcades » à Limoux nous accueille. Un doux et bon diner ; quelques chopes pour remplir sa geuse, une écuelle de brouet, une auge remplie de farci, tourte, civet et autres broches et quelques flaques de blanquette.

Baladins et bouffons nous narrent quelques fabliaux, tandis que troubadours jouent fifres, tambourins et flûtes.

Le Road Captain entouré de ses féaux et preux bikers, à la lumière des lampions, ouvre son grimoire et sur le parchemin, à la plume d’oie, décrit de quelle manière questionner puis occire cette bête jusqu’au trépas.

Après sous, écus et sesterces donnés à l’aubergiste, ordre fut donné de reprendre la route.

Afin de mener ce combat, une organisation à la romaine est mise en place.

Une rangée de « velites » pour la phase harcèlement de la bête, une autre « d’hastatis » pour la première ligne de bataille, une autre de « principes » pour consolider la première ligne et enfin en troisième ligne quelques « triarii » : les vétérans, les durs de durs, au cas où…

Tout ça arrosé d’un conseil de haute sagesse de notre Road Captain « Si vous avancez sans problème vers les lignes ennemies, c'est que vous êtes prisonnier ».

Oui, je sais, à y regarder de plus près, ce n’est pas si évident que ça, on a du mal à percevoir une quelconque tactique dans le positionnement de nos bikers…

Néanmoins, nous voilà en route vers Rivesaltes. Notre Road Captain, dans un fervent élan cathartique nous transporte aux temps anciens, à travers une route longeant nos châteaux cathares, dignes représentants des combats que menèrent nos illustres ancêtres et de celui que nous avions à mener.

De Cucugnan à Duilhac-sous-Peyrepertuse en passant par Villerouge-Termenès et Queribus, nous savions que nous avions un rendez-vous avec l'Histoire tout comme le curé de Cucugnan en son temps.

 

Merci à Didier et Jacques Bonato et Patrick Guy pour cette belle balade !

La croisade contre les Albigeois fut un échec, la croisade contre le Babau sera à nouveau une victoire !

Après cette envolée lyrique, il ne faut pas oublier qu’une croisade passe aussi par des phases culinaires. Cette sortie nous emmène au domaine de Rombeau, complexe unique d'un domaine ancestral viticole intégrant dans ses chais un restaurant de cuisine Catalane où flotte un parfum d'authenticité :

 

La Cargolade est au menu !

La cargolade n'est pas qu'un plat, c'est aussi une représentation d'un certain mode de vie. En pratique, la cargolade se compose d'escargots bien sûr, mais aussi de saucisses catalanes, de viande à griller et d'une bonne dose d'aïoli et de joie de vivre. Un adepte du petit-gris en mange 100 en moyenne, 30 pour un petit mangeur, une dizaine pour ceux qui se rattrapent sur la saucisse.

Au Toulouse Chapter, nous sommes des joueurs.

 

La confrérie des Goustiers du Petit Gris compte de nombreux membres (avec ou sans bérets).

Sous la responsabilité du grand maître des Petits Gris, le jury est composé de Goustiers, de jurats de Confrérie et de personnes qualifiées.

A l’heure où nous rédigeons cet article, l’état de santé de nos participants ne permet pas de vous donner un premier classement.

Un délicieux dessert glacé, rouge et or, représentant le drapeau Catalan invitait nos papilles à une page d’histoire…

C’est sous le nom de Quatre Barres ou de Barres Catalanes que l'on désigne le signe héraldique qui constitue l’écu Catalan, à l’origine d’un des drapeaux actuels les plus anciens d’Europe.

 

Une légende attribue l’institution de l’écu à l’Empereur franc Louis le Pieux, qui vécut au IXème siècle.

L’empereur aurait dessiné sur l’écu doré du Comte de Barcelone, Guifred le Poilu, les barres rouges avec quatre doigts trempés dans le sang du Comte, blessé lors d'une bataille contre les Normands alors qu’il défendait victorieusement l’empereur franc.

Je sens monter en vous, chers lecteurs, une certaine inquiétude. Non, nous n’avons pas oublié l’objet premier de ce « run ».

 

Afin d’appâter la bête, nous avions caché, pendant nos festivités, près d’un immense tonneau, un spécimen à base de carburateur afin d’attirer la japonaise.

Mais ce Babau est trop intelligent. Il ne se montra pas.

 

L’odeur du cuir de son propriétaire ? Les cris d’encouragement des Goustiers lors du concours d’avaleurs de Petits Gris ? Nul ne le saura.

Il faut se rendre à l’évidence, la traque doit continuer. Ordre est donné à nos chevaliers de reprendre la quête

Notre présence à Rivesaltes a rassuré les habitants. Ils savent maintenant qu’ils peuvent compter sur les bikers cathares.

Notre conquête du Haut-Languedoc fut une victoire. Aucune trace de l’occupant n’était perceptible.

Nous reprîmes la route à la recherche de ce Babau, parcourant ce territoire de référence ouvert à la rencontre des hommes qui partagent le goût du patrimoine et de la nature.

Nous devions nous rendre à l’évidence, notre réputation nous devançant, le Babau n’eut d’autre choix que de quitter nos terres.

Après cette virée dans le Haut-Languedoc, et bien que le Babau ne fut pas prisonnier, nous respectâmes notre lettre de mission. Les languedociennes et languedociens pouvaient maintenant dormir tranquilles.

Nos cathares firent une halte à Limoux, puis chaque biker repris le chemin de son évêché, prêt à reprendre le combat à la moindre occasion (dont la prochaine sera dans la montagne de la Clape près de Narbonne).

Depuis, la ville de Rivesaltes a honoré la croisade de ces valeureux bikers en créant une confrérie du Babau, héritée d'une commanderie plus ancienne connue au moyen-âge et en tant que telle gardienne de la tradition du Babau à Rivesaltes.

…du moins nous aimons à le croire !

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article Georges, photos Françoise et Angel

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