La Haute Corse ou Notre Corsica Tour

Avec le Chapter d’Orléans

16 motos 26 personnes Du 25 mai au 1 juin 2014

Quand on habite la région Orléanaise, le beau temps se mérite. Le Chapter a décidé d’aller le chercher en Corse cette année mais à quel prix !

 

A peine avions nous quitté la concession que déjà le ciel menaçait et la pluie, le vent ne nous ont pas quittés jusqu’à notre étape Aux légendes à Pradelles, chez Seb et Kat où la neige et une température hivernale nous ont accueillis. Heureusement, le feu crépitait dans la cheminée et l’aligot et une ambiance du tonnerre ont fini de nous réchauffer.

 

Le soleil nous a accompagnés sur le chemin des écoliers jusqu’à Toulon et plus les kilomètres s’égrénaient, plus les épaisseurs de vêtements tombaient.

Nous avons traversé l’Ardèche, la Drôme, les Bouches du Rhône et enfin le Var, respirant l’air chargé d’odeurs de genêts (qui nous change de celle des Colzas de la Beauce).

 

C’est dans la douceur et la bonne humeur ambiante que nous avons embarqué.

 

Nuit paisible sur une mer d’huile pour un repos réparateur avant « d’attaquer » l’île de Beauté.

Petit déjeuner copieux chez Charlotte au « Komptoir café » sur le port et… visite du vieux Bastia avant de reprendre la route.

 

Traversée du col de Teghime et un avant goût du réseau routier Corse !

 

C’est un bonheur de rouler et profiter de cette nature sauvage du maquis où se mêlent les senteurs caractéristiques du ciste, eucalyptus, thym et romarin, d’où nous avons admiré les nombreuses parcelles vinicoles parfaitement tracées de Patrimonio.

 

Installation au Club Belambra, à Lozari, qui sera notre lieu de séjour.

Etre en Corse du Nord et ne pas voir Corte serait une erreur.

 

La ville a été choisie pour être capitale du gouvernement de la nation Corse par Pascal Paoli au XVIII° siècle et devient la plaque tournante et le cœur politique de l’île.

Elle est veillée par le nid d’aigle de sa citadelle et masse ses habitations en contre bas.
 

« Se corti avessi un portu, d’Alacciu è di Bastia farebbe un ortu »…


Si Corte avait un port, il ferait d’Ajaccio et de Bastia de simples potagers »…

Beaucoup de touristes s’y pressent car elle est le point de départ vers de nombreuses activités , dont les gorges de la Restonica, que nous avons pénétrées.


A chaque virage, la forêt devient plus dense et aux châtaigniers succèdent les pins Laricio, l’humidité et les odeurs de mousse et de résineux.

 

Le bord de la route est couvert de l’hellébore Corse caractérisée par ses fleurs et feuilles vertes de grande taille, du cyclamen sauvage,…

 

Malheureusement, il a été impossible d’accéder au sommet car un pont s’est récemment affaissé.

Départ vers St Florent par le col de Lavezzo pour une journée dans le Cap Corse.

Nonza et sa plage de sable noir, formé de résidus d’amiante, totalement inoffensifs, rejetés de l’ancienne mine fermée en 1965.

 

Vu d’en haut, on peut apercevoir des mots immenses écrits en galets blancs.

 

Les « hiéroglyphes éphémères » selon la poétesse Angèle Paoli...

 

Canari, Pino,…première partie de route goudronnée et un vrai bonheur d’aborder cette succession de virages jusqu’à ce que le sol ne devienne que trous, nids de poule, boursouflures, plaques de gravillons, le tout agrémenté de fortes bourrasques de vent.

Malgré tout, le paysage est magnifique, la mer turquoise et le ciel bleu ne font qu’un…

 

Déjeuner à Centuri au restaurant «La jetée ».

 

Puis continuation vers Rogliano, Macinaggio et le charmant village d’Erbalunga.

 

Pose visite et photos pour les uns, boissons pour les autres et pourquoi ne pas se jeter une bonne Pietra à la châtaigne bien fraîche derrière le goulot !

 

Retour pour les uns par le col de l’aller et pour les autres, par la nationale via Ponte Leccia. Arrivée à ¼ d’heure d’intervalle.

Comme si nous n’en avions pas assez, nous voilà abordant le col de Vizzavona, à 1163m d’altitude, avec ses virages bien dessinés sur la RN 193.

 

Conduite très agréable dans la forêt couverte essentiellement de pins Laricio et de hêtres, jusqu’au restaurant « Monte d’Oro ».

Le lieu construit en 1880 est exploité par la même famille depuis 1904. Il est resté dans son jus, son ambiance surannée et nous y avons fort bien déjeuné d’un repas typiquement Corse.

 

Tout nous ramène au siècle dernier… L’accumulation d’objets transmis de génération en génération, souvenirs de voyages, gravures et meubles anciens, le tout se mêlant dans une ambiance très cosy et chaleureuse.

Promenade digestive vers la cascade des Anglais, que nous ne remonterons pas 1 heure ½ de marche…

 

Pas simple avec nos équipements de moto, mais aperçu des nombreuses cascatelles et des piscines creusées dans la roche par la force de l’eau.

 

Retour par la montagne…

 

Ponte Castirla, Popolasca, Ponte Leccia, route des crêtes et rencontre avec les cochons sauvages et les bovins qui vivent paisiblement et en toute liberté dans le maquis.

 

Pas mécontents de rentrer. La fraîcheur s’était installée sur les hauteurs et la fatigue se faisait sentir.

Rouler pour rouler n’est pas notre crédo à tous.

 

Pour cette raison, huit d’entre nous avons sollicité les services d’un guide de l’organisme Bianconi Scuperta qui organise des visites guidées en petit comité et la découverte du patrimoine jusque dans ses lieux les plus secrets.

 

Pour information, les déplacements s’effectuent en van climatisé et nous avons correctement négocié les tarifs pour rouler derrière lui sur notre deux roues.


Je recommande vivement leur accompagnement qui permet de satisfaire la curiosité de chacun dans un véritable échange.

Notre thème du jour : Pouvoir et fortification, de la Corse Médiévale à aujourd’hui et nous apprenons que celle-ci est tout sauf Française (seulement à partir de 1769).

 

Pas d’ancêtres Gaulois et culture beaucoup plus proche de l’Italienne d’ailleurs les dialectes sont issus des vieux dialectes Toscans puisque les ancêtres étaient des grandes familles Génoises et papes Romains.

 

Mais aujourd’hui les Corses continuent de se méfier de tout ce qui vient de la mer suite aux invasions Barbares des Huns, Goths, Vandales (Afrique du Nord),…


Nous apprenons qu’il y a sur l’île plus de 1 000 églises, généralement de style Baroque et seulement 800 villages !

 

Qu’au delà des récentes élections Européennes, la Corse a vécu une révolution aux municipales.

 

La famille Zuccarelli qui fournissait les maires de pères en fils, d’oncles en neveux depuis des décennies, a été délogée par un maire Nationaliste modéré et autonomiste !

Nous visitons ainsi Belgodère (de Belvedere… point de vue) où la première automobile est arrivée en 1892 avec Georges Clémenceau alors que les habitants y vivaient encore comme au Moyen âge !

Spelunca (de spéléologie) qui est un labyrinthe de ruelles et de cavernes.

 

Les caves renferment les fromages, abritent les ânes et les habitations au dessus n’ont aucun accès avec les pièces du bas, en dehors d’une échelle de meunier…

 

Déjeuner au restaurant « Sol e Luna » de la demeure familiale des Renucci depuis deux siècles, à Feliceto, en pleine Balagne.

 

Le bonheur à l’état pur, sous une tonnelle et au bord de la piscine, à déguster le veau Corse aux olives et le vin blanc de la cuvée Vignola du domaine Renucci.

Sant’Antoninu : la capitale de la Balagne, où 80 habitants y vivent à l’année, perchée sur son piton rocheux.

 

Le village qui nous offre une vue vertigineuse et magnifique à 360°, est classé parmi les « plus beaux villages de France », seul de Corse avec Piana.

 

Petites ruelles étroites et pavées, patios fleuris, passages voutés aux ouvertures à peine assez large pour laisser passer les muletiers.

 

Le village, forteresse des Savelli, au Moyen âge, a été témoin d’une guerre économique et sanglante, où hommes, femmes et enfants furent tués.

Quel bonheur de se mettre à l’ombre et déguster un citron fraîchement pressé, spécialité du lieu…

 

Nous terminons la journée en leur compagnie à Corbara, chez Monsieur Guy Savelli, qui nous a ouvert les portes de son extraordinaire musée privée, au sein même de sa maison où il « collectionne des collections », comme il aime à le dire.

 

De très belles pièces s’y cachent et on peut admirer d’admirables huiles sur toiles des 16è, 17è et 18è siècle, dessins au crayon, manuscrits sur parchemin du 12è au 17è siècle, affiches et lettres manuscrites d’époque.

 

Instruments de musique anciens, cartes, affiches d'époque, lettres manuscrites, instruments de musique et nombreux livres anciens sur l’histoire de la Corse.

 

On trouve aussi, une collection extraordinaire de stylets, le couteau traditionnel Corse, de pistolets, de monnaies de l'époque indépendante, ainsi que de nombreux objets surprenants.

 

Guy Savelli collectionne également tout ce qui concerne, de près ou de loin, Pascal Paoli, u babbu di a patria.

 

Et il nous explique « la vie » des objets avec beaucoup de sensibilité et d’attachement.

 

Un endroit à ne louper sous aucun prétexte, vraiment.

Visite de Calvi et sa citadelle, qui se dresse avec fierté au dessus de la ville sur son promontoire rocheux et sous un soleil brûlant.

 

Petite balade à travers ses ruelles pavées jusqu’à la maison de Christophe Colomb qui y est né (de nombreux autres places se disputent la paternité du navigateur…) et où il ne reste que des ruines protégées par une grille.

 

Rencontre imprévue avec des militaires de la U.S Army en manœuvre au camp de Raffalli, tout proche, qui sert de garnison et de terrain de manœuvre au 2° régiment étranger de parachutistes (2° REP).

 

Les Américains ne savaient même pas que la Corse existait…


Centre ville très agréable, de jolies boutiques dans le quartier commerçant du centre ville, rue Clémenceau et Boulevard Wilson, beaucoup de touristes et déjà une ambiance de vacances d’été.

 

Déjeuner au restaurant « Santa Maria », où l’accueil y est fort sympathique et j’ai pu enfin y déguster le « Fritto Misto » dont je rêvais depuis notre arrivée, aux pieds de l’église Sainte Marie Majeure, du XVII°, aux jolies couleurs rose et blanc.

Les Calanques de Piana à 16 motos… très moyen.

 

Paysage superbe composé d’une succession de rochers de granite rose, percés de cavités, appelées les taffoni, dues à l’action des variations de température et de l’humidité couplées aux embruns de la Méditerrannée.


La route est sinueuse et passe à travers la roche.

 

La vue est bien dégagée et permet de belles prises de vue mais on ne peut pas s’y arrêter ou alors, dangereusement, entre deux voitures, en équilibre sur le bas côté et très rapidement.

 

C’est dommage car les kilomètres parcourus pour y parvenir valent le détour.

Et il faut bien rentrer. Dernière halte à St Florent, ancienne cité Génoise et aujourd’hui grande station balnéaire, derniers achats, et embarquement pour une nuit paisible avant de retrouver notre région et notre quotidien.


Très beau séjour, un peu court à mon goût pour profiter pleinement de la région mais ce n’est que partie remise puisque plusieurs d’entre nous envisageons la Corse du Sud dans un futur très proche.
 

Pour découvrir la Corse, ses coutumes ancestrales et son histoire encore très présente aujourd’hui par le biais de ses monuments, il faut se poser et rayonner au maximum à 50 kilomètres autour du lieu de villégiature.

Il nous reste de très beaux souvenirs par le biais de nos images et des échanges que nous avons eus avec des membres de notre groupe que nous connaissions peu auparavant, pour certains, des parties de fous rires, des partages,…

 

Et je voudrai adresser à Régis, notre Road Captain, tous nos remerciements pour son implication et son engagement à nous avoir emmenés et ramenés « sains et saufs », pour avoir pris soin de sa troupe et ses 13 motos, de mon « petit bidon » et des « frileux du virolo ».

 

Merci également à Bernard, Claude et Jean Louis qui ont déjà pratiqué la Corse à moto, ont organisé les Runs et assuré la sécurité une fois sur l’île, et à JJ qui n’a jamais failli dans son rôle de serre fil.

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article et photos Christine

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