XI ème

RAID BULLES

Il y a juste un an, notre 10° Raid Bulles s’est terminé en apothéose et nous aurions pu en rester là, tant nous nous approchions de la perfection absolue.


Oh, là ! C’était mal nous connaître. A nouveau Director, nouveau Raid Bulles, le XI° du nom.


Vous aurez remarqué au passage que du numéro en chiffres arabes nous sommes passés aux chiffres romains.

 

Mais n’y voyez ni malice ni message subliminal.

 

Pour la bonne compréhension de ce qui va suivre et pour ne pas froisser tous ceux que cela pourrait froisser,

 je précise que lorsque j’écris Champagne avec un C majuscule il s’agit de la région géographique telle que définie par les pouvoirs publics et dont la seule évocation ne saurait en aucun cas être interprétée comme une incitation à la débauche alcoolique.

 

En revanche, lorsque vous verrez apparaître le mot champagne avec un « c » minuscule,

 

il s’agira du nom d’un produit du terroir, certes à base de raisin ayant subi plusieurs fermentations, mais là encore, pas d’apologie de l’alcool, juste une information sur notre spécialité régionale et quand ou comment l’apprécier.
Compris ? Alors j’y vais.

Dès le vendredi après déjeuner, les alentours de la Concession Harley-Davidson Reims, alias Trajectoire 51, ont commencé à ressentir les bonnes vibrations des Vétouines qui se pressaient à nos portes, réservoirs des motos pleins et gosiers des pilotes secs.


L’évènement, de portée internationale car pas moins de plusieurs pays y étaient représentés, s’annonçait d’envergure et inoubliable, sous un ciel qui n’appartient qu’à nous.


Il y avait là nos amis de toujours, voire même d’avant,

 

du Hannut Chapter – des wallons, donc – suivis de près par le Flanders Fields Chapter – des flamands, eux .

 

Et dans le désordre, Bordeaux, Le Mans, Lille, Mulhouse, Opale Shore, Ballainvilliers, Paris Coeur de Seine, Paris BBC (des gazelles et des gazous), Liège (juste leur petit bouchon de Director), Paris West, Duc de Normandie, et Papy Chapter en trike (79 ans le pilote).

 

Entourés par les filles et les garçons du Reims Champagne Chapter.

Les dieux étaient avec nous car le temps était sec, quoique versatile.


Au total 84 motos et 120 participants. Et même plus le dimanche ! Du jamais vu sous le ciel de Champagne.


Une fois la colonne mise en place et les consignes de sécurité transmises… « sous Patrick, donc, cette troupe s’avance et porte sur son front une mâle assurance.

 

Nous partîmes 120 mais sans un prompt renfort, nous nous vîmes aussi 120 en arrivant à bon « Fort », en l’occurrence (en un seul mot) au Fort de la Pompelle qui, jadis, protégea Reims des hordes barbares venant de l’est.

Un magnifique musée y a trouvé sa place, musée où nous avons pu admirer entre autres choses de la guerre Grande, la der de der…avant la suivante, une collection unique de jolis casques avec et sans pointe.

 

Franchement, avant que les grands qui nous gouvernent n’inventent les normes, qu’est-ce qu’ils se mettaient sur le crâne, les mecs.


Y avait de la plume, du brillant, du doré, du clinquant, certains casques étaient même coiffés d’une sorte de tablette dont on n’a pas pu me dire si elle servait à poser le bock de bière du Oberkommandant en chef ou si c’était pour poser un vase les jours de défilé.

Quoiqu’avec les teutons, la deuxième option eût été surprenante.

 

De là, redépart par les petites routes goudronnées de Champagne vers le logis d’un exploitant agricole local et ami, lequel excelle dans la production de « c » minuscule.


Tout le monde ou presque a dû se prêter au jeu du .. "et goûte moi donc ça pour voir si c’est du bon", suivi de .. "remets-en moi un petit car j’ai pas bien senti le goût la première fois", etc..


Dégustation avec modération, donc, comme il se doit entre adultes consentants (à nouveau en un seul mot).

Puis, quand le coq eût chanté pour la troisième fois dans le lointain proche, nous gagnâmes notre hôtel qui, tel un général de Division, arborait fièrement ses trois étoiles.


Il y a aussi 3 étoiles sur les bouteilles de Cognac mais comme on avait dit qu’on ne ferait pas l’apologie de l’alcool, alors je n’en parlerai pas.


Le temps était toujours serein, comme notre formidable équipe de sécurité.


Un traiteur intraitable qui avait établi ses quartiers au coin de la rue d’oussque était l’hôtel, nous recevait pour un somptueux repas du soir, servi par du personnel compétent, stylé et habillé en costume du dimanche.

L’ « a » péritif était du « c » offert par le Chapter, histoire que les langues s’habituassent aux mélocos.

 

Et elles se sont déliées dans un grand élan d’amitié et la cohabitation franco-belgo-luxo-flamando-wallonne s’est effectuée sans histoire, une fois.


Pour agrémenter la soirée, un duo est venu à deux personnes (étrange coïncidence, non ?) chanter et musiquer toute la soirée.


Ah, quelle soirée, mes amis: les chanteurs chantaient, les mangeurs mangeaient, les buveurs d’eau buvaient de l’eau, les causeux causaient et les oisifs oisivaient.

Donc, forcément, chacun y a trouvé son compte, même (et surtout) notre trésorière.


Au cours du dîner du vendredi, il y a toujours un moment glacial, bref mais glacial: c’est lorsqu’on annonce aux participants l’heure du départ de l’hôtel le samedi matin.


Car pour bien mériter le petit-déjeuner de vendangeur qui nous attendait comme tous les samedis de nos Raid Bulles – offert par notre partenaire de toujours, Eric Lassalle -, il fallait se lever dès potron-minet (traduction gougueule simultanée pour nos amis belges: c’est quand la petite aiguille est sur le 7 et la grande sur le 12).

Le petit-déj aussitôt engrangé pour mieux faire face à l’adversité , nous revoici sur le goudron asphalto-bitumeux des routes de Champagne à suivre un itinéraire soigneusement concocté par nos édiles.

 

Avec son lot de bonnes routes et de moins bonnes, voire de plus pires encore quelquefois.


Heureusement, l’heure du grand déjeuner ayant sonné, une pause rupestre autant que bucolique fut la bienvenue, suivie d’un copieux et bon déjeuner.


A ce moment précis de mon récit, notre troupe se trouvait dans l’Aisne.

Quoi de plus naturel, alors, que de pousser jusqu’à Laon, ancienne capitale de la France du temps où Laon en était la capitale (…je l’ai pas déjà dit, ça ?) pour une visite, qui de la cathédrale, qui des souterrains de la citadelle, qui encore des estaminets locaux.

 

Vous constaterez encore une fois, mes très chers amis, notre souci de vous faire connaître l’économie locale et de compléter votre culture historique pourtant déjà bien étendue.


Après l’église, retour maison par des petites routes goudronnées (si, si) et arrivée à l’hôtel à l’heure où blanchit la campagne et où fraîchit la bière.

Après s’être pomponné la pomponnette, une p’tite clope, un jus de houblon et hop, à table pour la soirée.

 

Remerciements, tombola avec des lots, je te dis pas…

 

Musique, danse et dodo tôt car le Biker d’aujourd’hui, ben, ce n’est plus ce que c’était.


A ce propos, je ne sais pas si vous avez remarqué combien les autres vieillissent plus vite que vous ?

 

C’est vrai: vous et moi, on a gardé la forme mais les autres, aïe, aïe, aïe……

Dimanche matin, grasse matinée et départ à 9h (soit potron-minet + 2 pourrais-je dire mais ce serait vous induire en erreur car potron-minet est une variable d’ajustement comme disent ceux qui veulent vous embrouiller.

 

Go Nord d’abord puis Go West ensuite pour nous amener, toujours par les petites routes, en passant par le Chemin des Dames et autres sites de mémoire, vers un haut lieu de la Grande Guerre.

 

Le cimetière américain de Bois Belleau, avec sa clairière des canons – pris aux mêmes hordes barbares venues de l’Est – et le Mémorial de Belleau Wood.

Il s’agit de l’un des trois cimetières américains dont les terrains ont été concédés à perpétuité aux Etats Unis, et sans doute le plus connu là-bas.


Après un défilé à moto devant les tombes de ces héros il y eut la séance de photos de groupe puis direction le clap de fin (aussi appelé clappe de faim), une ferme-auberge près de Château-Thierry où après un bon (et dernier) repas ensemble, les remerciements du Director à tous les participants, à l’équipe organisatrice et au travail parfait de toute l’équipe de sécurité , nous avons sorti les mouchoirs pour se dire:

 
A l’année prochaine, si vous le voulez bien.

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article Pierre, photos Myriam

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