Lille, en train,

visite la baie

de Somme.

UNE JOURNEE PLEINE DE CONTRASTES…

8.00 du matin, Il exagère Bertrand Delbar, Nous faire lever à 6.00 heures du mat’, un dimanche pour rouler en bande direction la Baie de Somme. Bon d’accord, il parait que c’est beau, m’enfin quand même, il faut aimer la moto et le Lille Europe Chapter !


C’est dans cet état d’esprit que j’arrive à la station essence de Phalempin, située non loin de notre concession, accompagné de Patricia, ma Lady, photographe de surcroît.

 

En arrivant dans un bruit me rappelant que je roule en Harley, mes paupières, encore alourdies d’un sommeil inachevé, me laissent entrevoir que nous ne sommes pas les seuls dingues à se lever de bonne heure.

Mais ils sont combien donc? Ah quand même, 50 motos!

Pour une balade dominicale, ça me semble pas mal, et du coup ça me met un peu de baume au cœur pensant que finalement, on est quand même bizarres tous, plus c’est dur et plus y’a de monde…bref.


Après des embrassades dans tous les sens, oui, nous sommes une grande famille et on s’aime, des moqueries en tout genre sur l’état physique de certains, après avoir attendu les habituels allergiques du réveil matinal, notre chef bien aimé Marco s’écarte du groupe, et nous fixe en élevant la voix, ça y est c’est le brief, silence, les consignes sont données, le trajet expliqué et les membres du Chapter, le doigt sur la couture du pantalon en cuir, écoutent religieusement afin de ne rien oublier.

C’est le moment de partir ! Les moteurs s’animent, attirent les badauds qui nous regardent comme des bêtes curieuses et repoussent les volatiles, qui eux, nous prennent pour des moissonneuses batteuses à deux roues.

 

Bertrand prend la tête du convoi, c’est lui le road captain du jour.

 

Moi, je suis un peu plus éveillé et j’ai le sourire désormais, mon visage est illuminé par un soleil qui fait plaisir à voir même si la température ambiante n’est pas encore égale à la chaleur dégagée par ce dernier (oui, ce n’est pas facile à dire un dimanche matin de bonne heure).

L’autoroute a un avant-goût de vacances et c’est tout sourire que nous nous dirigeons en groupe sur Le Crotoy, cette cité balnéaire située à l’embouchure de la baie de Somme, réputée pour sa plage de sable fin et son port de pêche, ça va nous changer parce que nous, à Lille, force est de reconnaître que le sable et les bateaux ne courent pas les rues !


Plus on roule, plus le soleil montre ses muscles et c’est après 2 heures de route et 143 kms que nous arrivons dans un lieu incroyable qui nous plonge immédiatement dans le passé: la gare du Crotoy. D’aucuns pourraient s’étonner de nous voir émerveillés par le fait de rentrer en moto dans une gare, comme si les Lillois n’avaient jamais vu de trains.

Oui, mais là, ce qu’il y a de stupéfiant ce n’est pas la gare, mais les trains, des trains à vapeur qui, crânement, font plus de bruit que nos motos et fument bien plus encore, comme pour nous accueillir et nous prouver qu’il y a bien plus fiable que nos Harley Davidson.

 

En effet, ces trains datent de 1920 et roulent sur le réseau des Bains de mer créé en 1887.


Ce sont des enfants et non plus des bikers qui montent dans d’authentiques voitures de la Belle Epoque formidablement restaurées et entretenues, tractées par des vaillantes locomotives à vapeur. Une fois à bord, la nostalgie d’antan, de ses petits trains et de ses réseaux secondaires, nous saisit.

Oubliée la fatigue, disparu le froid du matin, place aux sourires et à la franche rigolade, le bonheur se lit sur nos visages et finalement moi aussi j’ai tout oublié de mon humeur grisâtre du matin.

 

Dans un vacarme assourdissant et une fumée dont l’odeur nous replonge très vite dans l’histoire, le train par à-coups prend sa vitesse de croisière, enfin, vitesse, tout est relatif...

 

Pas de radars à l’horizon, de toute manière ça ne servirait à rien !

 

Et ce qu’il y a de bien dans ce train ouvert à tous vents c’est qu’on a pas besoin de casque.

Plus le train avance, plus le silence se fait, passé l’émerveillement du train, nos regards sont attirés par la beauté sauvage des paysages, en cheminant le long des ruisseaux bordés de saules, en passant à travers champs et marais nous découvrons les charmes verdoyants de la baie de Somme.

 

Si la flore est omniprésente, la faune s’impose ici avec toute la simplicité du lieu, les oiseaux, les moutons du pré salé, les chevaux règnent en maîtres.


Avec la lenteur toute naturelle de la locomotive à vapeur, le train arrive en gare de Saint Valéry, qui de toute la hauteur de sa cité médiévale, domine la baie de Somme.

Cela valait le coup de se lever de bonne heure en fait, me dis-je guilleret, quelle belle claque de verdure, quelle jolie simplicité, quel horizon sans limite, quelles douces couleurs. Les membres du Lille Europe Chapter savourent.


Photo souvenir obligatoire, le groupe se masse devant l’ancienne gare de Saint Valéry et le chef de gare, avec une grande gentillesse, me prend mon appareil photo pour immortaliser le bonheur présent.


C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse et c’est une bande d’ados qui se dirige dans le centre ville direction le restaurant que Bertrand nous a réservé, La terrasse, place des pilotes, ça ne s’invente pas ça tiens.

Il y a un monde de fou dans ce restaurant ! Pourtant nous sommes bien accueillis et le repas prévu par Bertrand a tout pour plaire, kir et rosé à volonté, moules marinières, frites, dessert, café, le tout dans une ambiance bon enfant où l’amitié se dégage et se fait sentir, nous sommes tous heureux d’être là et ça se voit.


Repus et après quelques kilos plus tard, nous partons flâner sur les quais qui bordent la Somme, la douceur qui nous entoure est surprenante et cette journée devient vraiment relaxante, se poser sur un banc pour regarder les touristes scruter l’horizon, pour savourer ces minutes qui passent sans bruit et voir passer un troupeau de moutons, là-bas au loin, tenter de repérer un phoque dans le bras de mer.

Pour un peu, moi, je serais bien resté là, si ce n’est que Bertrand, en gentil organisateur, nous rappelle que le train du retour ne nous attendra pas et que l’on a intérêt à reprendre la direction de la gare, sous un soleil de plomb slalomant entre les touristes, et avec un blouson en cuir qui doit peser au moins 4 vaches et demi, mon humeur guillerette retombe un peu et je perds 4 kilos avant d’arriver devant cette locomotive qui recommence à cracher de la fumée comme jamais, ah merci Bertrand !


Mais le charme qui avait opéré à l’aller opère de nouveau au retour, c’est toujours aussi génial de prendre ce train et de se poser sur les boiseries cirées pour juste regarder défiler ce paysage captivant.

Mêmes sourires, mêmes regards, même bonheur, c’est clair, cette journée est réussie, Bertrand peut être fier de son ride.


Si le train roule toujours aussi lentement, je trouve le retour trop rapide, bizarre la perception des choses parfois.

 

C’est presque avec regret que nous retrouvons nos belles montures à la gare du Crotoy pour un retour sur Lille !

 

Un dernier coup de sifflet pour nous faire faire un bon de 80 ans en arrière et nous voilà repartis.

Une route sous le soleil, un groupe heureux de rouler ensemble et puis une séparation régulière sur la route, avec regrets et grands gestes de la main, pour se dire au revoir, la balade prend fin naturellement.

 

Déjà nostalgiques, nous rentrons chacun chez soi avec beaucoup d’images et de sensations dans la tête.


Ce fut une journée bien préparée, bien pensée, originale et réparatrice que nous a proposée Bertrand, encore un ride qui restera dans nos mémoires et qui est le ciment de ce qu’est le Chapter à présent et pour longtemps, une belle histoire et surtout un lieu à découvrir et à faire découvrir.

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article Régis, photos Patricia

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