PREFACE

Notre amie et correspondante Christine nous livre avec son talent d'écriture habituel, une très intéressante chronique sur les Ladies. Tout est dit, la passion, le choix évident, le bonheur de rouler seule ou entre amies (is) ! Le tout confirmé par le témoignage parfois émouvant, toujours passionné et sincère, de quelques unes d'entre vous.

What else ! Merci Christine.

Marie

Pourquoi avoir choisi d’être une L.O.H ?

J’ai souvent eu des lubies dans ma vie, des projets secrets qui rapidement se sont concrétisés pour les plus aisés à atteindre et à moyen terme pour ceux qui ont demandé un peu plus de préparation.
Je suis toujours parvenue à mes fins. Pas de caprice de gamine mais des idées bien arrêtées, des projets réalisables parce qu’étudiés. Pas de fantasme inassouvi mais des buts murement réfléchis et atteignables.
Le permis moto à 47 ans en a été un ! C’était à prendre ou à laisser ! Je réussissais tout du premier coup ou je laissais tomber. Pas le temps d’y passer des plombes !
Les enfants étaient élevés et terminaient leurs études et moi, hyperactive qui avait besoin d’une branche à laquelle me raccrocher. Un nouveau défi pour me rassurer certainement sur le fait que je pourrai encore m’accomplir et réussir une autre vie que celle de Maman à laquelle je m’étais dévouée pendant de nombreuses années, mettant en sommeil les activités de tout ordre.
On dit souvent qu’il y a une femme derrière un grand homme. C’était un peu cela au sens premier du terme. Mon chouchou de mari l’avait compris avant moi en passant son permis moto l’année précédente. Moi, pas rassurée derrière lui et indépendante de nature, je me suis vite ennuyée et j’ai fait le choix de me lancer à mon tour.
Il était clair que passer le permis moto pour l’un et l’autre découlait inévitablement sur l’achat d’une Harley. C’était le Deal !
Lui a commencé sur un Sporster… moi derrière, moi derrière… mais pas confortablement installée. Il a changé pour un Street Glide (son vélo, me dit il !). Moi, code et permis en poche (et du premier coup !), j’ai fait l’acquisition d’un 883 Iron.
Je n’ai aucune honte à dire que j’ai doublé le nombre d’heures de conduite plateau. Mon moniteur m’a expliqué que les femmes sont plus cérébrales et réfléchies que les hommes. Ce doit être ça… !
Il n’empêche que ce 883 est très rapidement devenu poussif ou pas suffisamment pêchu. J’ai alors opté pour un XL48 en changeant le bidon pour un 12,5 l et une magnifique peinture personnalisée. Un avant goût du futur bébé ! Pas de bulle, épuré avec son look Bobber, j’ai suivi en Run, par tous les temps, pluie battante à grand soleil dans les cols d’Alsace à ceux de Haute Savoie en passant par les virolos Corses, mes potes en Touring, mieux protégés que moi et j’y suis toujours arrivée ! Je pense d’ailleurs avoir mérité mon titre de Bikeuse, préférable à celui de pintade !

 

Quel sentiment de liberté et de bonheur. Seule au monde et tellement fière ! Entre temps, nous avons rejoint le Chapter d’Orléans afin de nous rapprocher d’un groupe existant et découvrir la route ensemble.
Chouchou a alors changé de vélo (de Street !) et moi de cylindrée en jetant mon dévolu sur un superbe Bobber: le Softail Slim. Epuré lui aussi, avec une bulle pour les grands trajets, il me donne beaucoup de plaisir. Il coule dans les virages, j’y suis à l’aise et en confiance. Il est racé, massif et puissant… c’est mon vélo à moi !
Il y a eu les petites balades entre nous, entre potes puis les trajets plus longs sur un weekend, une semaine à 10, 20, 50… 200 motos, les manifestations Bikers, de nouvelles connaissances, de nouvelles et belles amitiés, des retrouvailles et toujours ce même plaisir à rouler.
Et bien sûr, à chaque «voyage», il faut adapter la tenue adéquate. Par temps de pluie il est primordial de se protéger. En revanche, associer le blouson à la couleur du réservoir, glisser nos mains manucurées dans de jolis gants et colorer nos lèvres font partie de la panoplie de la Lady !

A ce propos, le fabricant ne pense pas suffisamment aux femmes pilotes, leur préférant une ligne d’articles plus adaptés aux passagères. Les pilotes ont besoin de vêtements et bottes adaptés à la conduite mais toujours féminins, seyants et confortables et qui les protègent..

La L.O.H. (Lady of Harley), est indépendante de nature, féminine et pugnace. Il ne faut pas lui en compter parce qu’elle peut être surprenante et l’égale de vous, Messieurs. D’ailleurs elle n’a rien à prouver, elle l’est tous les jours. Elle peut être Maman, Grand mère…Elle n’est pas inconsciente et analyse les situations. Elle est courageuse, pas forcément téméraire et vous suivra ou vous précèdera…c’est selon… !

Elle peut voyager seule, avec assurance et détermination, en France, à l’étranger, comme Roselyne M.qui a parcouru sur «la petite chérie», son incroyable Slim rose (sa couleur de prédilection) les routes et pistes du Pérou, Chili, Argentine, Route 66 et Afrique du sud.

Harley organise des évènements de grande ampleur que fréquentent de très nombreux Bikers Français et étrangers. Des manifestations haut de gamme avec concerts, animations, essais motos, Custom Show, toujours autour de la marque Américaine.
La L.O.H, elle, retrouve ses «congénères» à l’occasion de rallyes qui leur sont exclusivement dédiés. Pas d’animosité, d’accrochage, de politesse féminine communément appelée hypocrisie mais des parties de fous rires autour de bons repas, du bonheur de faire connaissance, en osmose avec l’autre et le partage au sein d’une passion commune. C’est certainement parce qu’il y a une petite part de masculinité en nous que ça se passe si bien !

«Pas de prise de tête» comme le dit Brigitte O. «on est heureuses et débordons d’une douce folie de vivre !»

A Véronique A. de répondre : «ma passion entretient le corps et l’esprit. Elle nous fait rester jeune et nous ouvre sur le monde et les gens».

Toutes s’accordent à dire que piloter une Harley procure un incroyable et incomparable sentiment de liberté au guidon d’une marque mythique, fières et arborant souvent le patch L.O.H. sur leur jaquette.


Elle appartient à un Chapter, un groupe indépendant ou roule seule, sans attache.

Cette envie a commencé à naître chez certaines alors encore très jeunes comme Caroline B. qui a commencé par des courses de Trail, puis des 2 roues de tous bords jusqu’à la sportive de haut niveau. Elle s’est finalement ralliée à Harley et pilote aujourd’hui une machine exceptionnelle, un Springer CVO bleu et chrome, puissant 1800 CC, pneu AR de 240 et sa tenue est toujours raccord. Féminité oblige !

Chez Véronique C., l’appel du 2 roues s’est fait plus tardivement. «Le bruit, le look, le mystère que dégagent ces bécanes aux chromes rutilants, attirent l’œil et l’oreille et invitent le passant admiratif à s’approcher et engager la conversation.»
Un homme sur une Harley c’est bien…une femme sur une Harley, c’est beau !...Elle ne passe pas inaperçue.

D’autres comme Brigitte O. ont leur permis moto depuis de nombreuses années mais n’ont fait l’acquisition de leur premier engin que beaucoup plus tard. Ca sera Harley ou rien !!! (ça me rappelle quelque chose !)
Elle aime se démarquer au guidon de son Softail Deluxe blanc pailleté. Elle a trouvé un style qui lui ressemble, élégant et ne quitte pas sa casquette qui est sa « marque de fabrique ».

Stéphanie L. avait deux options : «voir un côté de la route à l’aller et l’autre au retour, en étant passagère». Situation inconfortable qui ne pouvait durer jusqu’au jour, où, le permis en poche, elle a pu enfourcher sa première monture aux allures de Harley (Dragstar Yamaha 650) puis un superbe 48 orange (SA couleur) et aujourd’hui un modèle plus lourd, plus puissant: un CVO Breakout chromé. Une merveille !

Annick L. a eu deux vies: l’avant et après Harley. Un monde qui , à tort, lui fait un peu peur au début puis la reconnaissance d’une grande famille où «il n’est pas nécessaire de connaître le métier de l’un ou les convictions de l’autre. Tout le monde s’apprécie et s’entraide». Rouler avec son compagnon lui a permis de découvrir «de belles personnes» que ses Runs la mènent en Europe ou aux Etats Unis.

Mon homonyme Christine, dit «Cricri», passionnée de moto, en a fait son métier après des études de mécanique et roule sur son Street Glide dit «Choupinette».

Véronique A. encore enfant, a été impressionnée par une jeune femme tout de cuir turquoise vêtue qui nettoyait sa bécane et cette vision ne l’a jamais quittée. Le rêve Harley l’a poursuivie à travers les années alors qu’elle roulait en sportives jusqu’à pouvoir casser son petit cochon et s’offrir «sa moto Américaine». Depuis 1999, le Sporster bleu nuit qui a «éclairé sa vie» s’est transformé en Softail puis en Electra pour arriver aujourd’hui au Fat Boy série S noir dont elle est l’heureuse propriétaire.

La Lady ne choisit pas sa monture par hasard. Elle est le prolongement de sa personnalité et de son caractère. Rétro et maniabilité pour le Cross Bones de Véronique C., vintage, selle rétro pour le Breakout de Stéphanie,…

Isabelle M. associe la moto à sa liberté, son indépendance, «la came» qui coule dans ses veines et ne peut se souvenir du jour où l’addiction a commencé. Elle la fait «vibrer, l’émerveille, la motive… la fait flipper et la console parfois…». Son Dyna Street Bob «longtemps désiré et enfin possédé ou l’image mythique de la moto Américaine…Son look, son bruit, l’essence même de la culture motard: liberté, extravagance, solidarité, synonyme de communautaire, décalée, colorée, différente, militante, en marge, non soumise, tolérante…»

Cathy P. affirme : «Le monde H-D est pour moi le moyen de fédérer des hommes (mais surtout des femmes), de faire des rencontres autour d'idéaux communs tel l'amitié, la fraternité (qui n'est pas rien chez les bikeurs (euses) H-D), l'aventure, les échanges, la liberté que procure la route.... J'ai besoin de cette bouffée d'oxygène, de ces moments d'évasion et d'indépendance que me procure le moment où je chevauche ma monture....»
 

Tant de termes à travers lesquels chacune de nous se retrouvera…
A la ville, qu’elle soit ingénieur, cadre, commerciale, maman au foyer, mécano, agent immobilier, sans emploi ou retraitée, une fois sur son V-Twins, la Lady s’assume de la même manière.

Stéphanie L. me faisait remarquer… «Il y a un point que je sens extrêmement présent dans la vie des femmes... c'est l'idée d'OSER !!! Beaucoup n'osent pas à faire ceci ou cela, de par leur personnalité, très influencée par leur éducation mais aussi du fait de leur environnement, leur mari qui se moque par avance, leur mère qui a peur pour elle, leurs enfants qui leur pompent toute leur énergie ... Bref, sans discours ou au moins revendication féministe du tout, je pense qu'il y a un vrai champ à explorer... Et comme tu dis, cela pourrait amener d'autres femmes à piloter si elles OSAIENT !!!».

L’expérience de Patricia L. est un exemple de courage et de détermination. J’ai voulu vous transmettre son histoire qui m’a bouleversée et avec son accord.
Elle a souhaité passer son permis il y a plusieurs années mais a échoué. Peut être cette petite voix qui lui disait : «une maman de 4 enfants n'a rien à faire sur un engin dangereux !»
En février 2007, on diagnostiquait un cancer du coccyx et du sacrum chez son fils de 15ans. La situation était plus que critique. «J'ai toujours pensé que quelqu'un là haut savait mieux que moi où était ma place, il y avait forcément du sens à mes échecs de permis. Inexplicable autrement».
Aujourd’hui, notre fils à 24 ans et il va très bien. Il est en rémission après beaucoup de batailles et de souffrances. C’est un héros.
En 2010 estimant que je m'étais assez punie d'avoir échoué, je décide d'acheter une petite 125cm2. En 2011, des amis organisent un raid en Tunisie et m'encouragent vivement à venir avec ma Léonart et là, dans le désert, alors que toutes ces belles Harley souffrent dans les dunes, je passe comme un bolide…, je volais c'était magique, certainement parce que je n'avais pas peur d' abimer ma monture !
Le miracle du désert avait eu lieu. Encouragée par 60 personnes qui ne comprenaient pas non plus comment j'avais pu rater mon permis, je décidais de m'y remettre à mon retour.
Mon mari en pleura de joie. Boostée par cette expérience, je me mis au défi de finir 2011 avec le gros cube en poche.
Code en août, plateau le 10 octobre et circulation le 15 décembre sous la pluie et la neige. TOUT du 1er coup cette fois ci, la guerrière était de retour après avoir d'abord gagné les batailles d'une mère.
Ce permis je l'ai voulu je l'ai mérité, et il n’y a pas un jour où je chevauche ma moto, où je n'envoie pas toute ma reconnaissance au ciel et à la vie de m'avoir permis ce rêve. Je n'en suis toujours pas revenue ! Que du bonheur ! J'essaie de ne jamais rouler plus vite que mon ange gardien quand même… c'et tellement grisant. Vive la liberté !»
…Belle leçon de vie. A quel prix aussi !

Comme le dit avec enthousiasme Annick L., «les filles, n’ayez pas peur. Venez nous rejoindre dans notre grande famille, vous y trouverez beaucoup de plaisir.»
Isabelle M. rajoute «ces sensations coulent dans les veines de chaque motard. Elles en sont les fondements et scellent notre communauté.»

Et Cathy P. de me confier «j’aurais tant de choses à dire encore… ce sujet est tellement passionnant que ce n’est pas un article mais plusieurs tomes que je pourrais écrire… Il existe une réelle fraternité et j'éprouve beaucoup de bonheur et de bien être à évoluer avec des Bikers et Bikeuses ayant la même passion; Depuis 3 ans que je roule en HARLEY, j'ai changé et me sens enfin BIEN ;_) sereine ....»

 

Les filles, je vous remercie de tout cœur de vous être prêtées au jeu en me permettant de vous raconter. Je voulais vous rendre hommage car vous êtes toutes formidables à votre manière. Vous avez une personnalité bien ancrée et vous m’avez bluffée ! J’ai hâte de vous retrouver toutes au prochain et 5ème Rallye National des Ladies en 2017.


Enfin, merci à nos conjoints «Chouchoux» qui nous aiment et nous permettent de sortir des sentiers battus, sans eux, avec eux mais toujours aussi fiers et admiratifs de notre assurance. C’est un vrai bonheur de partager ces moments avec eux ou entre filles mais toujours en Harley !

A bientôt sur les routes de l’amitié ! je dédie cet article à notre amie Tara.

 

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Christine Wallet, L.O.H

Chronique de Christine Wallet Reporter chez Legend Motorbike Orléans

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