l'édito de Catherine.

 

 

Dans le rétro

du Legend  

 

200 000 lecteurs à travers 105 pays du monde, ce n’est tout de même pas rien !

 

Legend Motorbike: même son nom semble chargé d’un destin, comme si des fées bien inspirées s’étaient penchées sur son berceau. Tout ça pour dire qu’un peu de pression repose malgré tout sur les épaules de JR et Marie !


Mais enquêtons au préalable sur les raisons de cette lecture hebdomadaire et assidue et imaginons son lecteur rêvassant sur les reportages lointains, au cœur de cet hiver pas si lointain.


Un œil attendri sur la remise où sous la bâche rêche, sommeille sa Belle, l’autre œil sur la tablette en équilibre sur ses genoux, les pieds vissés dans la cheminée. Il ne rêve qu’à l’arrivée des beaux jours et la perspective de s’échapper enfin, visière relevée, narines dilatées et enivrées de printemps, au guidon de sa Belle.

 

En attendant des jours meilleurs, il se console avec sa revue. Mais que va-t-il y chercher au fond ? C’est ce que j’ai voulu comprendre en rapprochant ma chaise de sa cheminée…


Cela commence par un calendrier: celui des sorties officielles pour programmer ses échappées, puis,

tiens ! De les provoquer avec son Chapter préféré et ses potes ! L’année passée, il y avait justement un article sympa qui… Puis des nouvelles de sa famille Harley, les photos des potos à travers la France et au-delà de ses frontières.

 

Ils vont bien: ils prennent du bide et des rides, tout comme nous, c’est rassurant ! Les rites et coutumes des autres Chapters, les récits des balades, des paysages lointains ouvrant le champ des possibles, des rêves d’évasion, autant d’envie de retrouver encore les copains.

 

Il fouille dans les rubriques, lit les backstages de Francis, scrute le staff et sourit souvent devant la prose éditoriale de JR. (perso, je ne rate jamais son édito, véritable baromètre de son humeur. Pire, je m’en délecte !!).

 

Tout comme notre lecteur aime se délecter des reportages humoristiques et enjoués de certains rédacteurs. Un festival de sourires dans ce monde de brutes ! Une distraction à la maussaderie, une véritable soupape anti politicienne autour de la même passion que la sienne.


Quant aux photos bien sûr, son centre d’intérêt favori, il vérifie son meilleur profil, surveille son épi rebelle et la protubérance de son ventre…


Il me revient d’ailleurs en mémoire la définition de la meilleure photo que JR m’avait faite un jour : « la meilleure des photos est celle sur laquelle on se trouve ! ».
 

Tel Narcisse… le lecteur est ainsi, il surveille son reflet… Miroir, Oh miroir ! … Alors, il fouille, scrute, puis archive pour se tricoter des souvenirs lorsqu’il aura besoin de se réchauffer avec leurs reflets nostalgiques…

Par conséquent, pour ce 1er article des sujets de fond nouvellement proposés par notre revue préférée, j’ai eu envie de relater à ce lecteur dont les pieds commencent à roussir dans sa cheminée - la légende du Legend !

 

Avec l’aimable autorisation de ses créateurs, voici l’histoire qui va lui permettre de regarder un peu dans le rétro. L’envers du décor et tout ce que vous aussi avez toujours voulu savoir concernant votre revue.

C’est en 2001 que JR (Jean-René), immédiatement secondé par Marie créé un espace en ligne, au départ pour collecter quelques photos et articles des Chapters amis. Puis la revue-pionnière trace sa voie, chemine et se structure. Elle se distingue en raison de sa qualité de précurseur et d’unique revue en ligne écrite pour et par les Bikers.

- Alors, JR et Marie, pouvez-vous nous parler de cette aventure ?
Nous ne savions pas qu’il était impossible, pour des amateurs de créer une revue hebdomadaire en ligne basée sur le volontariat, c’est pourquoi nous avons réussi…

- Le Legend est-il un enfant exigeant ?
Incroyablement, à l’origine nous pensions que nous pouvions « profiter de nos loisirs Bikers » pour réaliser les reportages, en réalité et compte tenu du bouclage hebdomadaire, nous avons été dans l’obligation de professionnaliser la revue, trouver des correspondants de plus en plus compétents et motivés, gérer des plannings de parution, et surtout le plus désagréable, trouver les financements pour nous permettre de fonctionner.

C’est le plus difficile et souvent avec Marie nous avons eu le sentiment de demander l’aumône, ce qui ne nous ressemble pas. C’est pourquoi depuis des années toutes nos économies y sont passées…

- Quel est votre quotidien avec Le Legend ?
Lundi, relâche.
Mardi et mercredi, tri des photos et préparation des mises en pages, patchs, documentations, tri, corrections.
Jeudi, transcription des articles en code html qui est le format du Legend, tests, re-corrections, transferts sur le serveur miroir de Grenoble, synchronisation sur notre serveur principal (installé dans nos locaux), sauvegarde via notre contrôleur de domaine, re tests et si tout est ok, publication sur la toile, avec notre robot spécialisé pour les routages, qui envois les mails, pour informer les lecteurs.
Vendredi, (en saison) tôt le matin préparation du matériel de Marie (environ 50 kg) chargement des valises et de la bécane et en route pour le reportage de la semaine.
Samedi reportage sur place.
Dimanche reportage sur place, et vite il faut tout remballer et rentrer à Cannes.


- Comment vous répartissez-vous vos tâches et vos rôles ?
Marie s’occupe des reportages photos, elle trie et retouche toutes les photos, une à une (celles des correspondants et les siennes) elle gère les relations avec le staff, elle corrige l’orthographe de tous les articles, elle valide tous les articles publiés. Pour ma part, Je m’occupe de la technique informatique, du matériel photos, j’écris des articles, je réalise la mise en page et je suis le styliste du Legend, je traite les lots de photos (à l’aide de scripts que j’ai écrit), je reformate, re densifie, trie, renomme, inscrit au copyright toutes les photos avant de les transmettre à Marie, et sur place je suis pilote moto-photos.

- Si vous deviez exprimer un coup de cœur et coup de gueule ?
Coup de cœur: Il y a plus de 50 ans que je suis motard, et je n’avais jamais pensé devenir (enfin je l’espère) un Biker. Ma première Harley, ce n’est pas d’hier, c’était en 1976 et le moins que je puisse dire c’est que je n’avais pas du tout été convaincu.

En 2000 après avoir visité de nombreux horizons, avec Marie nous avons décidé de revenir vers la moto. Pour elle, les choses était claires, une Harley, sinon rien !

Je n’étais toujours pas convaincu, mais comme on dit, ce que femme veut… C’est ainsi que j’ai découvert un microcosme qui m’a immédiatement fasciné, le monde des Bikers, et celui du H.O.G en particulier.

Aujourd’hui cette fascination est toujours intacte.


Coup de gueule: je trouve invraisemblable l’écart de comportement des Bikers par rapport au Legend.
Je m’explique: Tous les sondages donnent le même résultat, les lecteurs sont plus que satisfaits de la revue; mieux elle est plébiscitée.

Personne aujourd’hui n’imagine que cette revue cesse son activité, mais lorsque nous expliquons que tout a un coût, qu’avec Marie, nous sommes maintenant presqu’en retraite (nous avons 67 et 69 ans), nous ne pouvons plus financer, et que nous demandons aux lecteurs de faire un geste, en fonction de leurs moyens sous forme de dons pour que le Legend continue à vivre en toute indépendance et ne devienne pas un catalogue publicitaire…

Il n’y a plus personne.. Ou presque.

- Comment vous tournez-vous vers l’avenir du Legend ?
C’est très simple, Laurent et Sylvie sont venus nous rejoindre. A notre avis ils sont aujourd’hui les rares Bikers capables de poursuivre l’aventure du Legend.

Leur unique problème réside dans le financement, ils cherchent des solutions, mais ce qui est certain c’est que les lecteurs devront s’impliquer, sinon le Legend deviendra une revue comme les autres avec ses publicités, ses petites combines etc...

Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui !

- Alors si c’était à refaire ?
Bien entendu, nous re-signons et à deux mains !
Avec Marie nous remercions toute la famille des Bikers de nous avoir accueillis, mieux intégrés. Aujourd’hui nous ne comptons plus nos amis et les chaleureux « coucou » qui nous sont distribués à chacun de nos déplacements nous vont droit au cœur.

Marie en est souvent émue aux larmes. Le seul point épineux est: Pourvu que le Legend continue !

Si vous deviez dire un mot à notre lecteur dont les pieds carbonisent doucement dans sa cheminée et pour tous vos lecteurs en particulier ?
Merci, nous vous aimons !

JR et Marie, merci pour ce regard dans le retro et merci pour cette franchise.
Il est à préciser que vous n’avez en aucune manière commandité cet article, librement impulsé par son auteure. Nous vous souhaitons un long et serein chemin avec le Legend et le renfort de Laurent et Sylvie. Fasse que l’implication de vos lecteurs Bikers soit entendue.

Eux aussi vous aiment !
Pour ma part, au fil de ces 10 dernières années, lire le Legend c’est comme croiser une vieille connaissance et se souvenir au passage…

A ce propos, la mention spéciale du souvenir nostalgique est décernée à Cécile…

Sur la pointe des pieds, j’ai quitté le coin de la cheminée douillette de Narcys (notre lecteur narcissique). Nul doute que nous le retrouverons bientôt pour d’autres aventures avec ses amis.
En attendant, il s’est endormi du sommeil du juste, un vague sourire baveux aux coins des lèvres.

Je recueille sa tablette qui glisse dangereusement de ses genoux…
 

Elle est restée ouverte sur l’onglet de la collecte des dons…

Cath : mars 2017 - 1

 
 

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